Alors que l'essence dépasse les 2 euros le litre, TotalEnergies plafonne ses prix mais menace d'y renoncer en cas de taxe sur les superprofits. Un levier stratégique dont l'État, aux caisses vides, aurait bien du mal à se passer.
L'essence à 2 euros le litre, voire au-delà, est devenue une réalité durable pour les automobilistes. Les distributeurs de carburant profitent naturellement de cette flambée des prix à la pompe, à commencer par TotalEnergies, qui compte bien poursuivre son plafonnement des prix cet automne. Mais à l'approche du budget 2027, le PDG du groupe pose ses conditions au gouvernement.
Patrick Pouyanné a prévenu qu'en cas de taxe sur les superprofits, il n'y aurait plus jamais de plafonnement des prix chez TotalEnergies. Depuis la reprise du conflit au Moyen-Orient, les stations du groupe plafonnent leurs tarifs à 2,25 euros pour le gazole et 1,99 euro pour l'essence.
Ce plafonnement, qui aurait coûté entre 250 et 300 millions d'euros au groupe jusqu'ici, sacrifie une partie de ses marges. Mais TotalEnergies y trouve aussi son compte : ses parts de marché sont passées de 22 à 25 %.
Un levier stratégique dont l'État a besoin
Quoi qu'il en soit, l'État n'a pas intérêt à ce que TotalEnergies mette sa menace à exécution, comme le souligne Francis Pousse, président de la branche station-service chez Mobilians. "TotalEnergies sert bien l'intérêt de l'État, qui n'a plus de sous dans les caisses pour donner des remises à la pompe", explique-t-il.
En 2023, la taxe sur les superprofits des énergéticiens avait rapporté 625 millions d'euros, alors que l'État en attendait 20 fois plus. En cause : le fait que des groupes comme TotalEnergies réalisent l'essentiel de leurs bénéfices à l'étranger.