Les prix à la pompe devraient rester élevés pendant plusieurs semaines, voire des mois, sur fond de tensions liées à la guerre en Iran. Si aucune pénurie n’est à craindre à court terme en Europe, les experts alertent sur des tensions à venir et une offre mondiale durablement sous pression.
Pas de risque de pénurie, mais jusqu’à quand ? Les prix élevés à la pompe devraient encore durer des semaines, voire des mois, si la guerre en Iran continue de s’enliser. Depuis le début du conflit, il manque environ 10 % de l’offre mondiale de pétrole chaque jour, soit près de 10 millions de barils, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pour l’instant, l’Europe ne risque pas de pénurie, mais pour combien de temps ?
Aucun risque pour les trois à quatre prochaines semaines
Contrairement à l’Asie, l’Europe est pour l’instant épargnée. Aucun risque à l’horizon pour les trois à quatre prochaines semaines, explique Olivier Gantois, président de l’UFIP Énergies et Mobilité.
"Si on tire sur les stocks ou si on va chercher des produits ailleurs, il va y avoir des tensions plus importantes. En Europe, à ce stade, on ne connaît pas de pénurie, en France non plus. Et on arrive à approvisionner normalement, autant en brut pour les raffineries françaises qu’en produits pétroliers finis, dont on est déficitaire, notamment le diesel et le carburéacteur", précise-t-il.
Une évolution des stratégies d’approvisionnement
À partir de juin-juillet, l’inquiétude concernera le kérosène, et les compagnies aériennes l’anticipent déjà. Mais pour les carburants routiers, la France n’a presque pas touché à ses stocks stratégiques, rappelle Olivier Gantois.
"Ils ont été utilisés ici et là pour dépanner des régions en déficit. Si, à un moment, il y a une véritable pénurie, ce que l’on n’a pas encore connu en France, on pourra utiliser les stocks stratégiques comme complément d’approvisionnement", indique le spécialiste.
Ce qui est en train de se jouer, c’est une évolution des stratégies d’approvisionnement à l’échelle mondiale. Même sans pénurie, il y aura moins d’offre mais toujours autant de demande. Et la seule certitude, c’est que les prix resteront à un niveau très élevé pendant encore de longues semaines.