Alors que le litre de carburant atteint 2.20 euros, en moyenne, de nombreux automobilistes limitent déjà leurs déplacements. Dans les stations-service, la colère monte.
Après deux mois de guerre au Moyen-Orient, les prix des carburants pèsent de plus en plus lourd sur le budget des ménages. D’après le dernier relevé national, la consommation de carburant a fortement baissé en France au mois d’avril. Entre le 11 et le 20 du mois, les ventes de gazole ont chuté de 18,55%.
Avec un litre de carburant à 2,20 euros, en moyenne, de nombreux conducteurs font désormais des économies à la pompe. Au fil des semaines, beaucoup limitent leurs déplacements et sont contraints de faire des choix drastiques dans leurs dépenses.
Dans une station-service de l’agglomération bordelaise, Stéphane ne cache pas son exaspération en constatant que les prix ne baissent toujours pas. "C’est le carburant, ce sont les courses, les assurances, l’électricité, le gaz, mais les salaires ne bougent pas en revanche. Mettre 100 ou 120 euros de carburant pour aller gagner 1.200 euros à la fin du mois, au bout d’un moment, ça dégoûte tout le monde", a-t-il témoigné au micro d’Europe 1.
"On ne voit pas de baisse"
Même incompréhension pour Charlotte, une automobiliste d’une trentaine d’années. "On nous a pourtant informés que les prix devraient commencer à baisser un petit peu et on ne voit pas de baisse, donc c’est agaçant. Là, c’est vrai que cela dure et on ne voit personne monter au créneau", regrette-t-elle.
Pour un retraité rencontré sur place, l’urgence est désormais d’aider certaines catégories professionnelles, particulièrement dépendantes de leur véhicule. "Les gens dont c’est le travail de se déplacer, les infirmiers, infirmières, enfin il y a plein de corps de métier, il faut les aider. Ou il faudrait que certains distributeurs ne se gavent pas autant. J’ai écouté la radio, les marges de Total explosent. Je veux bien que l’État soit responsable de tout, mais bon, il ne faut pas exagérer", estime-t-il.
Sans illusion sur une sortie rapide de crise, plusieurs automobilistes envisagent déjà d’annuler les déplacements qu’ils avaient prévu d’effectuer cet été pendant leurs vacances.