Près de la moitié des dirigeants des très petites entreprises (TPE) se versent des salaires inférieurs au Smic, soit moins de 1.426,30 euros nets par mois, pour 50 heures de travail par semaine en moyenne, selon une étude du syndicat des indépendants et des TPE (SDI) publiée jeudi.
En France, la moitié des patrons de TPE gagnent moins que le salaire minimum, indique le syndicat des indépendants et des TPE. Alors que la consommation des ménages est en berne, de très nombreux entrepreneurs doivent rogner sur leur rémunération, au point que plus de la moitié d'entre eux se versent un salaire inférieur au SMIC.
"Je ne peux pas sortir 3000 euros de salaire par mois"
C'est le cas de Nicolas. Ce pâtissier, installé à Pleyben dans le Finistère, n'arrive pas à sortir la tête de l'eau deux ans après l'ouverture de son commerce.
"Pour l'instant, je me sors 0 salaire.1000 euros de salaire, je paye 500 euros d'URSAFF juste sur 1000 euros alors imaginez si je prenais un salaire normal pour vivre décemment ? Non, ce n'est pas possible, je ne peux pas sortir 3000 euros de salaire par mois", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Fermer le rideau ?
Comme beaucoup de commerçants, Nicolas se désole de voir la consommation au point mort. Les clients sont plus rares, les fidèles dépensent moins et les charges pèsent lourd alors le pâtissier a renoncé à embaucher hors période touristique : "Je reprends juste un CDD 35 heures l'été. Sur un salaire de 2000 euros, ça nous coûte 3000 euros, rien qu'en charge patronale", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Pour Nicolas, hors de question de baisser le rideau. Il s'accroche en attendant des jours meilleurs. Une décision à laquelle doivent pourtant se résigner de plus en plus d'artisans et dirigeants de TPE. Tant la situation se dégrade, preuve du malaise, près d'un quart d'entre eux envisagent de cesser leur activité avant la fin du trimestre.