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Organisation trop rigide, grèves à répétition... les contrôleurs aériens dans le viseur de la Cour des comptes

[STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Le secteur des contrôleurs aériens est dans le viseur de la Cour des comptes. Face aux dérives de la profession et aux grèves à répétition, les Sages appellent à remettre en question le statut de fonctionnaires des contrôleurs.

Le fonctionnement du contrôle aérien français est dans le viseur du monde politique. Après un rapport accablant de la commission des Finances du Sénat il y a deux semaines, dénonçant une organisation trop rigide et une qualité de service déplorable, c'est au tour de la Cour des comptes de se pencher sur le sujet. 

L'institution met les pieds dans le plats : face aux grèves à répétition et aux conséquences financières importantes, les Sages demandent l'ouverture d'un débat sur le statut de fonctionnaire des contrôleurs aériens. 

La Cour des comptes pointe d'abord l'organisation du travail, avec des performances "médiocres" qui placent la France comme le mauvais élève du secteur en Europe depuis 2023. Pour les Sages, il y a trop de dérogations et trop d'augmentations de salaires qui ne sont pas en adéquation avec les résultats et un manque de flexibilité qui coûte cher. 

Des dérives trop nombreuses

"L'organisation du travail est très rigide dans le contrôle aérien français, avec un calendrier de travail qui est assez fixe et qui est défini très à l'avance alors que l'intensité du trafic est très variable dans le temps ce qui fait qu'à des moments de pic, il n'y a pas assez de contrôles et donc il y a des vols qui prennent du retard", explique Arnaud Aymé, spécialiste du secteur aérien au cabinet Sia. 

Des dérives sont également courantes selon la cour des Comptes, comme la pratique des clairances, ces autorisations tacites à ne pas venir travailler même si l'on est au planning. Un constat général qui, selon les Sages, doit ouvrir le débat sur le statut des contrôleurs aériens pour le sortir du périmètre de l'État. Une option qui plairait aux compagnies aériennes selon Arnaud Aymé. 

Réduire les pertes financières

"On pourrait très bien imaginer augmenter le nombre de contrôleurs aériens vu que ce n'est pas payé par le contribuable mais plutôt par les compagnies aériennes elles-mêmes, qui seraient prêtes à payer davantage pour avoir un service de meilleure qualité", poursuit-il. 

Objectif : éviter les près de 6,6 millions de minutes de retard dans le secteur en 2025, pour un coût estimé à 800 millions d'euros pour les compagnies aériennes.