Naval Group et Fincantieri vont créer une co-entreprise pour renforcer leur compétitivité

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Le rapprochement des deux groupes navals a le soutien des gouvernements français et italien. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Le rapprochement opéré entre les deux constructeurs navals français et italien vise à créer un "champion naval" européen, et notamment faire face à la concurrence chinoise ou russe. 

Les constructeurs navals français Naval Group et italien Fincantieri ont annoncé mardi soir dans un communiqué leur intention de créer une coentreprise contrôlée à parts égales, dans le cadre de leur rapprochement lancé en septembre 2017. Cette annonce a été saluée par les gouvernements français et italien dans un texte séparé publié à l'issue d'une rencontre à Paris entre la ministre des Armées Florence Parly et son homologue italienne Elisabetta Trenta, qui y voient le moyen d'"améliorer la compétitivité des offres de cette alliance sur le marché mondial". Paris et Rome avaient lancé il y a un peu plus d'un an, pendant le 34ème sommet franco-italien, un projet visant à créer un "champion naval" européen en rapprochant les deux groupes face à la concurrence, notamment chinoise et russe.

"Améliorer la compétitivité des offres". Mais cette alliance s'effectuera sans prise de participation croisée, contrairement à ce qui avait été envisagé. Le projet, comparé à une "alliance Renault-Nissan du naval", prévoyait des participations croisées de 5% à 10% entre Fincantieri et Naval Group. Paris et Rome indiquent dans leur communiqué qu'ils "soutiennent les initiatives-clé que Fincantieri et Naval Group ont l'intention de mettre rapidement en oeuvre et, plus particulièrement, la mise en place, dès 2019, d'une joint-venture (coentreprise, ndlr) à parts égales". "Ces mesures doivent améliorer la compétitivité des offres de cette alliance sur le marché mondial, et leur permettre de continuer à répondre aux besoins des marines italienne et française avec les solutions les plus modernes", précisent-ils. Mais les deux gouvernements soulignent également que cette alliance "ne doit avoir aucun impact sur la capacité de chacun des gouvernements à maîtriser les capacités et les ressources stratégiques de chacune de ces sociétés".

Sous réserve d'accord des conseils d'administration. Fincantieri et Naval Group indiquent avoir comme "première étape l'objectif de définir les termes et conditions d'une joint-venture contrôlée à parts égales", en précisant que ce coup d'envoi aura lieu "sous réserve d'accord des conseils d'administration des deux sociétés". Les deux groupes visent à "préparer conjointement des offres pour des programmes binationaux et les marchés export" et à déployer une chaîne d'approvisionnement "plus efficiente" avec des achats croisés, de meilleurs rapports qualité-prix ou encore des effets de volume. Ils entendent également "mener conjointement des projets de recherche et d'innovation afin de garantir la supériorité opérationnelle de leurs clients" et "encourager la fertilisation croisée entre les deux sociétés, avec le partage de centres et moyens d'essais ainsi que des réseaux d'experts". Les deux partenaires sont d'ores et déjà engagés dans une collaboration industrielle afin de fournir à la marine française quatre navires de support logistique basés sur le design des navires italien Vulcano.