Taxis, ambulanciers et auto-écoles manifestent pour retrouver "l'essence du métier"

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Des opérations escargot et des ralentissements sont prévus lundi en Île-de-France notamment alors que des syndicats de taxis, d'ambulanciers et d'auto-écoles appellent à la mobilisation contre la loi mobilités et la réforme à venir du permis de conduire.

Opérations escargot et ralentissements sont en cours lundi, notamment en Île-de-France, à l'appel de syndicats de taxis et d'auto-écoles, ainsi que d'une association d'ambulanciers. Ils protestent contre la loi mobilités et la réforme à venir du permis de conduire, selon les syndicats de taxis et d'auto-écoles.

Bison Futé a comptabilisé entre 730 et 780 taxis participant aux différentes opérations sur les autoroutes de la région parisienne à 9 heures, dont environ 230 rien qu'à Roissy. Ils étaient une centaine à la Défense. Le site d'informations routières Sytadin enregistrait lui 415 km de bouchons en Île-de-France à 8h46, un engorgement "inhabituel" et très supérieur à la moyenne d'environ 335 kilomètres à la même heure.

"On perd l'essence de notre métier"

La mobilisation vise à protester contre des dispositions du projet de loi d'orientation des mobilités (LOM) qui "cristallisent la colère", selon Karim Asnoun, délégué CGT Taxis, au micro d'Europe 1 lundi. "Il existe déjà des lois qui ne sont pas appliquées et on ramène une nouvelle loi qui va empirer les choses puisqu'elle compte donner, aux VTC notamment, des attributs qui sont le propre des taxis : la circulation dans les voies réservées, la station sur des voies publiques pour attendre la clientèle...", regrette-t-il.

"Ce sont des choses liées à nos licences ou à nos autorisations que l'on a acheté très cher et aujourd'hui on veut le leur donner comme un cadeau. Cela renforce l'inégalité qui nous oppose. On perd l'essence de notre métier. Le gouvernement doit rétablir l'égalité dans ce secteur", plaide le syndicaliste.

Auto-écoles et ambulanciers également concernés

Échaudées par les pistes lancées pour réformer le permis de conduire, les auto-écoles, à l'appel des deux principales organisations de la profession (CNPA et Unidec), participent également au mouvement. Elles craignent que deux propositions d'un rapport commandé par l'exécutif à la députée LREM Françoise Dumas (LREM) favorisent les plateformes en ligne. "Nous n’acceptons pas un modèle d’uberisation avec ni contrôle pédagogique, ni suivi de élèves. Nous sommes des auto-écoles, nous avons une formation de qualité, aussi bien au niveau de la théorie que de la pratique. On a aujourd’hui la sensation d’être peu abandonné par le gouvernement", s'agace Dylan, venu à Paris de Lille au volant de sa voiture de formation.

Enfin, déjà mobilisés fin 2018 contre une réforme du financement des transports de santé, des ambulanciers sont appelés à se joindre au mouvement par l'Association de défense des transporteurs sanitaires (ADTS). Depuis le 1er octobre, ce ne sont plus les patients qui choisissent les sociétés d'ambulances auxquelles ils font appel mais les établissements de santé. Désormais l'Assurance maladie ne rembourse plus des transports en ambulance déclarés par les patients mais alloue aux hôpitaux un budget "transport" pour financer et organiser les transports sanitaires inter et intra-établissements.

 

Plusieurs cortèges vont converger vers le centre de Paris

La préfecture de police de Paris a prévenu samedi que "des perturbations sont à prévoir sur l'ensemble des itinéraires empruntés par les différentes professions représentées". Plusieurs cortèges doivent converger vers la capitale, direction boulevard Raspail (dans le 7ème arrondissement de Paris), où une manifestation à pied est prévue jusqu'à la place du Président Herriot, selon la préfecture de police, qui prévoit une dispersion vers 20 heures. 

Les cortèges partent de Roissy, Orly, la Défense, Torcy, Clignancourt, Bagnolet, d'Italie, d'Auteuil, selon la préfecture.  Elle "conseille aux automobilistes de contourner très largement les abords des zones concernées et d'éviter les itinéraires empruntés ainsi que leurs abords".

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, édité par Marthe Ronteix avec AFP