"Les constructeurs automobiles se servent dans la poche des Français", dénonce le patron d’Oscaro

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Fondateur du site de ventes de pièces détachées pour voitures Oscaro, Pierre-Noël Luiggi tacle l’entente des constructeurs sur le prix des pièces d’origine.

INTERVIEW

Voiture électrique ou autonome, autopartage, nouvelles normes techniques et environnementales : le marché de l’automobile est en plein bouillonnement alors que s’ouvre jeudi la 88ème édition du Mondial de Paris. Au milieu de ces bouleversements, Oscaro, le site français de ventes de pièces détachées trace sa route. "Nous avons eu un premier semestre 2018 exceptionnel. Le second semestre est marqué par un léger tassement dû à l’entrée en vigueur du nouveau contrôle technique", observe Pierre-Noël Luiggi, le fondateur de l’entreprise, dans l’interview éco d’Emmanuel Duteil, lundi sur Europe 1.

Écoutez l'interview intégrale de Pierre-Noël Luiggi à 22h20 dans le journal de la nuit d'Isabelle Millet. Le replay de l'émission est à retrouver ici.

Entente sur les prix. Un temps annoncée en faillite, la société fondée en 2001 est toujours bel et bien présente et leader du marché de ventes de pièces détachées. Oscaro revendique ainsi "85% de parts de marché en France". "On fait du bien aux Français, on rétablit l’équilibre de leur portefeuille", assure Pierre-Noël Luiggi, avant de tacler les constructeurs automobiles. "Ils font des super voitures mais ils ont des filiales pièces automobiles un peu cachées qui se servent dans la poche des Français". L’autorité de la concurrence l’a épinglé en juin en dénonçant une entente sur le prix des pièces que les constructeurs ne produisent pas", souligne-t-il.

Alors que les ventes de voiture d’occasion sont en berne depuis plusieurs mois, Pierre-Noël Luiggi affirme qu’Oscaro n’est pas trop affecté. "Les chiffres de l’occasion sont en très fort recul parce qu’il y a des promotions considérables sur les voitures neuves pour que les constructeurs déstockent leurs véhicules qui ne seront plus aux normes l’année prochaine. C’est un passage à vide conjoncturel", assure le fondateur du site qui, après avoir ouvert en Espagne et au Portugal, entend se lancer "en Italie, au Benelux, en Allemagne et dans les pays du Nord".

Améliorer le SAV. Leader du secteur, Oscaro n’échappe pas aux critiques des internautes : retards de livraison, remboursements qui tardent… "Très concrètement, quand on tape 'avis Oscaro' sur Internet, on trouve de meilleures notes que pour Amazon ou Cdiscount", défend Pierre-Noël Luiggi. "Sur 10.000 commandes par jour, on a dix mécontents. C’est malheureux et c’est ça que l’on veut améliorer. C’est dix pour 10.000 mais c’est dix de trop. Nous venons d’embaucher deux ingénieurs qui viennent de l’industrie pharmaceutique pour que nos erreurs colis tombent à un pour 10.000", annonce-t-il.

Entendu sur europe1 :
Les constructeurs ont tort de ne pas aller au salon de l'Auto

Pour autant, Oscaro ne pourra pas rassurer ses clients au Mondial de l’Auto de Paris (4-14 octobre) puisque l’entreprise a décidé, à l’instar de Volkswagen, Nissan, Volvo, Fiat, Ford ou encore Opel, de passer son tour cette année. "Ce n’est pas pour les mêmes raisons que les constructeurs", explique Pierre-Noël Luiggi. "Nous soutenons les dirigeants du salon qui sont en train de le transformer en salon de l’interface entre l’homme et la machine. Ce que l’on souhaite, c’est revenir dans deux ans par la grande porte en montrant que nous sommes une marque qui sait produire de nouvelles choses", précise-t-il.

Aller à la rencontre des clients. En plus du coût du stand, le fondateur d’Oscaro met en avant le rapport aux clients qui a évolué. "Nous étions sur ce salon les autres années pour rencontrer nos clients en chair et en os. À la place, nous préférons faire un tour de France, au printemps 2019, avec une caravane Oscaro. Il y aura des événements autour du 'do it yourself' automobile et des débats sur la place de la voiture dans la société", détaille Pierre-Noël Luiggi.

"C’est un salon où on va énormément parler de nouvelles technologies. Les constructeurs ont tort de ne pas y aller", estime-t-il malgré tout. Le patron d’Oscaro note toutefois qu’il n’est "pas étonnant que les principaux constructeurs européens fuient le salon cette année car ils ont peur du vrai débat sur l’automobile de demain". "Si j’étais un constructeur automobile, je me serais précipité sur le salon pour expliquer mon ADN et montrer qu’un grand constructeur pense l’avenir."