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avec AFP / Crédit photo : RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
En 2023, les 35 entreprises de l'indice phare de la Bourse de Paris ayant dévoilé leurs comptes ont réalisé au total 144,2 milliards d'euros de bénéfices nets (part du groupe), contre près de 142 milliards pour le CAC dans son ensemble en 2022.

Les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont résisté aux craintes de récession en 2023 et dépassent déjà ceux de 2022, selon un décompte de l'AFP qui montre la grande forme du luxe et de l'automobile. En 2023, les 35 entreprises de l'indice phare de la Bourse de Paris ayant dévoilé leurs comptes ont réalisé au total 144,2 milliards d'euros de bénéfices nets (part du groupe), contre près de 142 milliards pour le CAC dans son ensemble en 2022.

En 2022, ces mêmes 35 entreprises avaient collectivement dégagé 141 milliards d'euros. Le bilan devrait cependant rester sous l'année record 2021, selon les bénéfices attendus par les analystes pour les entreprises n'ayant pas encore publié leurs résultats. "Nous avons vécu trois années assez anormales au niveau économique" mais 2023 a amorti un retour "à la normale", résume Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier.

Et avec cela, un "tassement des chiffres d'affaires" et des marges, mais sans "contraction très forte" et toujours "à des niveaux très élevés", résume à l'AFP Emmanuel Cau, responsable de la stratégie actions de Barclays. Alors que l'économie a vacillé, les bénéfices sont "moins pires que prévu", ajoute-t-il. Pour Samy Chaar, cette bonne tenue prouve que "les fondamentaux du secteur privé sont rentrés dans ces trois années avec une certaine solidité".

TotalEnergies réalise le plus gros bénéfice

Le chiffre d'affaires cumulé du CAC 40 atteint presque 1.678 milliards d'euros, contre près de 1.721 en 2022. Il s'agit de la troisième année d'affilée où les entreprises du CAC 40 réalisent ensemble plus de 100 milliards d'euros de bénéfices. Après une année 2020 moins favorable en raison de la pandémie de Covid-19 (34 milliards d'euros de bénéfices), le profit cumulé avait pour la première fois dépassé ce seuil en 2021.

 

Le bilan 2023 devrait rester sous le record de 2021, quand le bénéfice exceptionnel de près de 25 milliards d'euros de Vivendi, dopé par la vente d'Universal Music, a poussé la somme à près de 157 milliards. Thales, Vivendi et Teleperformance, qui n'ont pas encore publié leurs résultats annuels, avaient réalisé en 2022 quelque 760 millions d'euros de bénéfices. Les analystes sondés par le fournisseur de données financières Factset tablent pour 2023 sur 2,5 milliards, avec un retour dans le vert pour Vivendi.

Le décompte se base, pour 2022 et 2023, sur la nouvelle composition de l'indice boursier, après la sortie du prestataire de paiements Worldline et l'entrée d'Edenred. Les sommes ne prennent pas compte les deux groupes Pernod Ricard et Alstom, qui ont des exercices décalés ne correspondant pas aux années civiles. TotalEnergies réalise le plus gros bénéfice. S'il a légèrement progressé en dollars, à 21,4 milliards, il reste quasi stable en euros: 19,8 milliards d'euros contre 19,5 milliards en 2022, en utilisant pour la conversion les cours moyens officiels pour les années 2022 et 2023.

L'automobile en forme

Le secteur du luxe a continué de briller, malgré un ralentissement du marché : à eux seuls, Hermès, Kering, L'Oréal et LVMH cumulent près de 29 milliards d'euros de bénéfices, en hausse de 7%, malgré un recul de 17% chez Kering. Côté banques, pour lesquelles la hausse des taux est favorable, les bénéfices progressent de 17% à près de 20 milliards d'euros pour BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale.

L'automobile gonfle également le compte : Renault a réalisé un bénéfice de 2,2 milliards d'euros après une perte de 350 millions en 2022. Et Stellantis a dégagé un bénéfice record de 18,6 milliards d'euros - le deuxième plus gros résultat de l'indice. Pour 2024, les entreprises "restent plutôt optimistes", note Emmanuel Cau - de quoi aider l'indice boursier CAC 40 à battre des records ces derniers jours.

Mais les risques se multiplient - taux d'intérêts, croissance en Chine, géopolitique... - d'autant plus que le bilan du CAC 40 dépend peu de la croissance française mais surtout de la santé économique mondiale, des Etats-Unis et de l'Asie, rappelle Samy Chaar. Et surtout, avec une baisse de l'inflation (celle-ci ayant soutenu les résultats) vient le risque, selon Emmanuel Cau, d'un "retour de bâton".