L'Élysée a dépassé son budget initial en 2018 pointe la Cour des comptes

  • A
  • A
La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d'euros, s'étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses de l'Elysée.
La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d'euros, s'étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses de l'Elysée. © Eric Feferberg / AFP
Partagez sur :
Selon le rapport annuel de la Cour des comptes diffusé jeudi, l'Élysée a dépassé son budget initial en 2018 et a dû puiser plus de cinq millions d'euros sur la réserve.

L'Élysée a dépassé son budget initial en 2018 et a dû puiser plus de cinq millions d'euros sur la réserve, en raison notamment de l'augmentation de l'activité de la présidence, selon le rapport annuel de la Cour des comptes diffusé jeudi. En 2018, les produits (ressources) du compte de la présidence se sont élevés à 105,07 millions d'euros et les charges à 108,88 millions, indique la Cour, soit un "résultat déficitaire à hauteur de -3,81 millions d'euros".

La hausse des charges (+6,6% par rapport à 2017) "s'explique principalement par celle des charges de personnel et de fonctionnement courant, en raison d'un accroissement de l'activité de la présidence", durant cette première année complète du quinquennat d'Emmanuel Macron, note-t-elle.

"La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d'euros, s'étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses"

"La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d'euros, s'étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses, un prélèvement sur la réserve d'un montant de 5,67 millions a dû être effectué pour contribuer à rétablir l'équilibre budgétaire", précisent les magistrats. Concernant le personnel, au 31 décembre 2018, la présidence disposait de 816 agents, dont 333 militaires et 483 civils, contre 822 fin 2017, et le commandement militaire représentait à lui seul 30% des effectifs.

La masse salariale a augmenté de 4,2% en 2018, "ses facteurs d'évolution n'étant que partiellement maîtrisés par la présidence", les agents "mis à disposition" par d'autres services de l'Etat dépendant de leur administration d'origine. Des dispositions qui, selon la Cour, "devraient être revues grâce au plan de transformation de l'Élysée mis en place en 2019". Le recours aux heures supplémentaires a diminué, mais il "reste élevé" au sein du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

Une hausse "mécanique" souligne l'Élysée

L'Élysée souligne pour sa part que le rythme plus soutenu de l'activité des services de la présidence en 2018 par rapport à 2017 entraîne mécaniquement une hausse des dépenses de fonctionnement. La réorganisation engagée par la présidence, mise en place en 2019, doit par ailleurs permettre "à la fois d'améliorer l'efficience des services, les conditions de travail des agents et d'assurer la maîtrise des dépenses", fait-on valoir.

La Cour des comptes note par ailleurs que le nouveau logiciel de gestion mis en place début 2017 "apparaît répondre aux besoins de la présidence". Un contrôle spécifique porte enfin sur les dépenses relatives à l'activité de Brigitte Macron, "qui viennent pour l'essentiel de dépenses de personnel", souligne l'institution. L'épouse du chef de l'Etat dispose d'un directeur de cabinet et d'un chef de cabinet, qui préparent ses rendez-vous, et de deux secrétaires. Sept agents du service de la correspondance présidentielle sont affectés "au traitement des 19.500 courriers qu'elle a reçus en 2018" et elle ne bénéficie d'"aucun budget de représentation".