Le Black Friday dans le collimateur du gouvernement : "Ministres et parlementaires ne se rendent pas compte de ce qu’est la vraie vie des gens"

, modifié à
  • A
  • A
2:07
© Pixabay / DR
Partagez sur :
Au micro d'Europe 1, François Momboisse, le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, a répondu aux propos d'Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, qui a dénoncé lundi les conséquences environnementales de ces promotions XXL.
RÉACTION

François Momboisse, le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, l'assure : il n’est pas courant qu’un membre du gouvernement appelle les Français à moins consomme. C’est pourtant ce qu’à fait Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, en mettant en garde contre la frénésie liée au Black Friday, et ses conséquences environnementales. "L’an dernier, à la suite du Black Friday, un million de colis ont été livrés dans Paris. On ne peut à la fois baisser les émissions de gaz à effet de serre et appeler à une frénésie de consommation', a-t-elle déclaré lundi sur BFM Business.

Mais pour François Momboisse, les propos de la ministre ne tiennent pas compte du quotidien des Français et des contingences économiques qui peuvent être les leurs. "Les ministres et les parlementaires ne se rendent pas compte de ce qu’est la vraie vie des gens", relève-t-il au micro d’Europe 1. "On a des études de Médiamétrie qui montrent que le Black Friday est une anticipation des achats de Noël. Il permet aux gens d’acheter un mois avant, tout ou partie, de leurs achats de Noël", argue-t-il. "C’est pratique, ça permet de ne pas tout acheter en rush pendant la dernière semaine."

Enjeux écologiques et pouvoir d'achat

Ce syndicaliste pointe également une dissonance entre les déclarations d’Elisabeth Borne et les mesures prises ces derniers mois par le gouvernement, notamment pour relancer la consommation des ménages. "Monsieur Le Maire [le ministre de l'Economie, ndlr] a fait un plan de 15 milliards d’euros de pouvoir d’achat pour les classes moyennes, en espérant que les gens consomment et ne mettent pas leur argent à la caisse d’épargne", rappelle-t-il.

"Pourquoi concentrer toutes les critiques sur cette période de promotions ?", interroge encore François Momboisse. "Uniquement parce que ça vient des Etats-Unis et que ça a été importé par Amazon", déplore le patron de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance.

Europe 1
Par Romain David