La SNCF licencie son lanceur d’alerte

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La SNCF rejette les accusations de représailles envers son ancien salarié et justifie ce licenciement par le refus de Denis Breteau d'accepter de nouveaux postes. (Photo d'illustration)
La SNCF rejette les accusations de représailles envers son ancien salarié et justifie ce licenciement par le refus de Denis Breteau d'accepter de nouveaux postes. (Photo d'illustration) © CHRISTOPHE SIMON / AFP
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"Le Parisien" révèle que Denis Breteau, cheminot et lanceur d'alerte à la SNCF, a été licencié le 26 décembre dernier. 

Le cheminot lanceur d'alerte Denis Breteau a été licencié par la SNCF, révèle jeudi Le Parisien. Il y a sept ans, il avait porté plainte contre X pour des suspicions de manipulation d'appels d'offres au sein de la SNCF. 

"Un mauvais signal". Denis Breteau a reçu sa lettre de licenciement le 26 décembre dernier, précise le quotidien, après 19 années de travail au service achats de l'entreprise de transport ferroviaire. "Des supérieurs m'ont demandé de truquer des appels d'offres ; j'ai dénoncé les faits. Et maintenant, la SNCF me licencie. C'est un mauvais signal envoyé à tous ceux qui veulent s'opposer aux malversations dans la compagnie", estime Denis Breteau.

Une enquête toujours en cours. En 2016, le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire afin de vérifier si la SNCF a favorisé IBM dans ses appels d'offres de matériels informatiques. Plusieurs de ces marchés auraient entraîné des pertes de 150 millions d'euros dans les caisses de la SNCF. Les investigations se poursuivent encore aujourd'hui sous la direction de deux magistrats.

Des postes proposés pas acceptables ? La SNCF rejette les accusations de représailles envers son ancien salarié et justifie ce licenciement par le refus de Denis Breteau d'accepter de nouveaux postes, de qualification identique selon l'entreprise. Mais selon le syndicat SUD-Rail, les postes proposés au cheminot de 53 ans, qui vit à Lyon, ne pouvait pas lui correspondre : "deux postes étaient à Lyon sous la responsabilité des personnes que M. Breteau a dénoncées et les deux autres étaient à Paris, loin de chez lui", a expliqué au Parisien le syndicaliste Jean-René Delepine.