Alors que la guerre au Moyen-Orient est entrée dans son 35e jour ce vendredi, le prix des carburants ne cesse d'augmenter depuis le début du conflit, notamment le kérosène. Une hausse qui pourrait se répercuter sur le prix des billets d'avion. Europe 1 vous explique pourquoi.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026, le prix des carburants grimpe en flèche. Avant le début du conflit, le prix du baril de Brent était estimé à environ 72 dollars (environ 62 euros, ndlr), contre près de 116 dollars aujourd'hui (soit 100 euros).
Mais cette hausse ne s'est pas appliquée qu'aux automobilistes, puisque le kérosène, carburant utilisé dans les avions, a lui aussi considérablement augmenté. En conséquence, de nombreuses compagnies aériennes ont déjà revu à la hausse leurs prix et les clients ayant déjà réservé leur vol pourraient de nouveau passer à la caisse.
Réservation auprès d'une agence
Ce cas de figure reste toutefois confidentiel. Si vous avez acheté un billet d'avion seul sans autre prestation, la compagnie ne peut pas vous réclamer un "supplément carburant". Seulement quelques situations précises sont concernées.
D'abord, si vous avez réservé, auprès d'une agence de voyage ou d'un tour opérateur, un billet d'avion dans le cadre d’un voyage à forfait, incluant d'autres prestations comme l'hôtel ou une location de voiture, l'agence peut répercuter cette hausse sur le client. Elle doit être stipulée dans le contrat et être indiquée au plus tard 20 jours avant la date de départ. "Il s'agit d'une directive européenne concernant les voyages à forfait qui est transposée en France dans le code du tourisme", précise Arnaud Aymé, spécialiste des transports pour le cabinet SIA.
La barre des 8%
Pour comprendre comment de telles situations peuvent survenir, il faut se pencher sur le fonctionnement un peu particulier de certaines agences de voyage ou tour opérateurs : "Il arrive que ces agences vendent des forfaits aux clients avant même d'acheter les billets auprès de la compagnie aérienne", développe Arnaud Aymé. Résultat, en cas d'explosion du prix du kérosène pour des motifs géopolitiques imprévus, ces agences de voyage doivent s'acquitter d'un coût plus élevé que celui proposé aux voyageurs. "Il faut toutefois que les vendeurs de ces packages soient capables de prouver qu'ils ont subi cette hausse tarifaire. Ils doivent pouvoir le justifier", ajoute le spécialiste.
Si une augmentation du prix devait être appliquée, les clients peuvent d'ailleurs annuler sans frais et bénéficier d'un remboursement total à une condition : la hausse doit dépasser les 8% du coût de la réservation. Dans le cas contraire, le client ne peut pas y échapper et doit donc régler le réajustement tarifaire.
Ces situations, très rares d'ordinaire, pourraient-elles devenir plus fréquentes dans les prochaines semaines ? En théorie oui, même si les agences de voyage n'en ont pas forcément l'intérêt. "Ce n'est pas parce qu'ils ont le droit de majorer les tarifs qu'ils le font obligatoirement. Car derrière, il y a une question d'image", souligne Arnaud Aymé. Selon Reuters, le prix du baril de kérosène est passé de 85-90 dollars (73-78 euros) à 150-200 dollars (130-173 euros) en l'espace d'un mois.