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Emmanuel Duteil, édité par Romain David , modifié à
Contrairement à ses habitudes, la direction de la SNCF ne communique pas malgré la grève qui paralyse une large partie du réseau depuis plusieurs jours. Un silence qui s’explique en partie par les préparatifs de départ de Guillaume Pepy.
ON DÉCRYPTE

La SNCF promet de jeudi à dimanche huit trains sur dix en circulation sur l'axe Atlantique, toujours paralysé par un mouvement de grève. En revanche mercredi, seul un train sur trois est au départ. Dans un tel contexte, tous les regards se tournent bien sûr vers la direction de la SNCF. Mais contrairement à ses habitudes, celle-ci n’a pas fait de commentaire pour le moment, dans la mesure, notamment, où une période de transition s’est engagée à la tête de l'entreprise.

L'image commençait pourtant à être traditionnelle : à chaque grand mouvement de grève, Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, faisait le tour des plateaux télé et arborait son gilet rouge en bout de quai. Mais là, rien. Il effectuerait - en ce moment - son dernier déplacement professionnel dans les pays du Golfe. Guillaume Pepy ne parlera plus avant son départ, fait savoir la SNCF. Jeudi il viendra ranger son bureau, ce sera son dernier jour avant de passer la main. Aucun pot de départ n’est prévu, il n'en voulait pas précisent ses proches. De surcroît, "l'ambiance ne s'y prête pas", ajoute un détracteur.

Rachel Picard, la patronne du TGV serait également en déplacement professionnel à l'étranger. Donc elle aussi refuse pas parler. Enfin, le futur patron Jean-Pierre Farandou, qui est pourtant dans la maison depuis des années, n'est pas encore habilité à prendre la parole.

Donner l'image d'un mouvent isolé

C'est pour cela que la SNCF laisse en première ligne la responsable du TGV atlantique. En interne, on craint plus que tout la contagion. Il s’agit donc de montrer que la grève au centre de maintenance de Châtillon dans les Hauts-de-Seine, qui gère l’axe Atlantique, est avant tout un mouvement local, décrypte un spécialiste de la compagnie.

Ces mouvements à répétition viennent ternir la fin de mandat de Guillaume Pepy et adresse un message très clair à son successeur : il va falloir calmer les choses dès le début. "Cela faisait bien longtemps qu'un patron n'était pas arrivé dans un tel contexte", glisse-t-on en interne.