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Anaïs Huet , modifié à
Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics, met en garde le gouvernement sur Europe 1, alors qu'une journée de mobilisation a lieu jeudi : d'autres actions seront organisées si le gouvernement ne prend pas en compte les revendications des fonctionnaires.
INTERVIEW

Pour la première fois depuis un an, tous les syndicats de fonctionnaires appellent les 5,5 millions d'agents publics à une journée d'actions et de grève jeudi, pour s'opposer au projet de loi de réforme de la fonction publique. Et ils l'assurent : il s'agit là d'un premier coup de semonce, qui peut en appeler d'autres. 

"Nous travaillons d'arrache-pied à ce que la journée de demain soit une réussite. Il y a plus de 150 manifestations et rassemblements prévus un peu partout dans le pays. Si le gouvernement, comme on peut l'imaginer, ne répond pas tout de suite à notre première revendication qui est le retrait du projet de loi et l'ouverture de négociations pour l'augmentation des salaires, il est évident qu'il y aura d'autres étapes", prévient Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics, au micro de Matthieu Belliard, mercredi sur Europe 1.

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"Une conception du dialogue que nous contestons"

Comme l'ensemble des organisations syndicales, Baptiste Talbot attend que soient réellement prises en compte les revendications portées depuis plus de 18 mois à la table des négociations avec le gouvernement. "Dès le départ, toutes les organisations syndicales de la fonction publique ont contesté les orientations du gouvernement. Certes, il y a eu de longues discussions, mais on constate qu'entre le début et la fin, le gouvernement n'a pas bougé fondamentalement sur ces grandes orientations. C'est une conception du dialogue et de la négociation que nous contestons", tranche le syndicaliste.

Les organisations syndicales de la fonction publique attendent aussi du gouvernement des éclaircissements et des engagements concrets, notamment sur la question de la suppression des 120.000 postes de fonctionnaires, sur laquelle Emmanuel Macron s'était dit prêt à "abandonner l'objectif" fixé. Mais dans la foulée, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait considéré de son côté que cet objectif était "atteignable". "La position du gouvernement sur ce dossier n'est pas si simple que cela. Cela dit, Emmanuel Macron commence à prendre en compte le rapport de forces, et observe sur le terrain qu'il y a une forte demande de services publics et donc d'agents publics", observe Baptiste Talbot. 

Une opposition "idéologique" des organisations syndicales, selon Olivier Dussopt

C'est dans cette même logique de "rapport de forces" qu'Olivier Dussopt se situe. Interrogé par Matthieu Belliard sur Europe 1, quelques minutes après Baptiste Talbot, le secrétaire d'État à l'Action et aux comptes publics a fustigé les "positions très arrêtées, presque idéologiques" des syndicats de la fonction publique.

"Ça fait 18 mois que nous sommes en discussion avec les syndicats, et beaucoup de leurs demandes ont été intégrées au projet de loi. Il y avait 200 amendements dans la concertation, nous en avons accepté presque la moitié, à l'acception des amendements de suppression", fait valoir Olivier Dussopt. Et de poursuivre, agacé : "Je constate que les neuf organisations syndicales, seulement deux ont fait le choix de déposer des amendements au projet, et que nous en avons retenu près de la moitié. Les sept autres ont fait le choix d'une opposition frontale. C'est leur choix et leur responsabilité."