Pour contrer la hausse des prix du carburant, engendrée par la guerre au Moyen-Orient, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie ont donné leur accord sur le recours aux stocks stratégiques, à hauteur de 400 millions de barils.
Au treizième jour de la guerre au Moyen-Orient, les prix du carburant continuent de flamber. Le prix du baril de pétrole a désormais dépassé la barre symbolique des 100 dollars, ce jeudi 12 mars. Une hausse spectaculaire de 38 % par rapport à son niveau avant le 28 février et le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran.
Face au choc pétrolier, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l’énergie (AIE), ont décidé de débloquer 400 millions de barils de pétrole dans leurs réserves, avec l'objectif "de faire baisser les prix de l'énergie", a indiqué l'Élysée.
Des stocks d'urgence
Sous l'égide de l'AIE, fondée par les États membres de l'OCDE dans le sillage du premier choc pétrolier de 1973, les stocks stratégiques sont constitués pour répondre, de façon coordonnée, aux besoins énergétiques en cas de crise mondiale. Les pays qui ont rejoint l'organisation, dont la France en 1992, ont l'obligation de former ces réserves, représentant au moins 90 jours d'importations nettes et pouvant être stockées à l'étranger.
Au total, l'ensemble de ces stocks pétroliers représenteraient 1,24 milliard de barils, auxquels s'ajoutent 600 millions de barils issus de l'industrie, selon le Financial Times, permettant de combler les besoins des 32 pays membres de l'AIE pendant environ un mois.
Depuis sa création, l'agence a décidé de puiser dans ces réserves à cinq reprises : en 1991, après la guerre du Golfe, en 2005, alors que les infrastructures pétrolières dans le golfe du Mexique ont été lourdement touchées par les ouragans Katrina et Rita, et en 2011, dans le sillage de la guerre civile en Libye.
L'organisation française
Répondant à la décision collective de l'AIE, la France va mobiliser 14,5 millions de barils issus de ses stocks stratégiques, qui représentent au total 108 jours d’importations nettes, selon Bercy. Ces réserves, constituées sous la forme d'essence, de gazole, de carburéacteur ou encore de fioul, sont en grande partie gérées par une agence privée. Créée en 1988, la Société anonyme de gestion de stocks de sécurité (Sagess) reste toutefois encadrée par l'État.
En France, ces stocks stratégiques sont répartis dans les raffineries, les dépôts d'importation et les dépôts de maillage, près des zones de consommation afin d'être mobilisés rapidement. Environ 42% des stocks sont contenus dans le site de Géosel à Manosque, qui figure parmi les plus grands complexes européens de stockage. Outre l'emplacement de Géosel, la Sagess s'appuie sur 80 autres sites de stockage sur le territoire.