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400 millions de barils de pétrole débloqués : «Ça ne va pas changer grand-chose», juge Fabien Bouglé

L'expert en politique énergétique, Fabien Bouglé, explique pourquoi l'annonce de mettre sur le marché 400 millions de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques ressemble plus à un coup d'épée dans l'eau qu'à une véritable mesure destinée à faire chuter les prix à la pompe.

Un coup d'épée dans l'eau ? Face à des prix à la pompe qui n'en finissent plus de flamber à cause de la guerre contre le régime des mollahs en Iran, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé "à l'unanimité" mercredi de libérer sur les marchés 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques. De son côté, la France, qui dispose de 100 millions de barils, soit 108 jours de réserves, va en libérer 14,5 millions. 

Mais derrière l'effet d'annonce de ces chiffres importants, les résultats vont être plus que mitigés, selon Fabien Bouglé. "Ça ne va pas changer grand-chose", juge même cet expert en politique énergétique ce jeudi dans Christine Kelly et vous.

"De toute façon, on a un marché mondial. Et même si on libère en France du pétrole, ça ne change pas le cours mondial du pétrole. Donc ça n'a pas beaucoup d'impact le fait de libérer 400 millions de barils. Ça ne va pas changer fondamentalement la donne."

"Une annonce politicienne"

Dès lors, pourquoi faire une telle annonce ? "Pour faire une annonce politicienne probablement, peut-être pour rassurer et pour essayer de voir avec les distributeurs s'ils peuvent baisser leurs marges", avance l'expert. 

"De toute façon, le prix est libre dans les stations de service. Donc, s'ils veulent le vendre 2 euros, ils peuvent le vendre 2 euros. C'est pour ça que l'annonce de faire des contrôles, ça n'avait absolument aucun impact", ajoute encore Fabien Bouglé. 

Depuis lundi, sur les 513 stations-service contrôlées par l'Etat, "5 % ont fait l'objet de suites correctives et répressives", a indiqué de son côté le ministre du Commerce, Serge Papin.