Carrefour : 3 millions d'euros d'amende pour des manquements liés aux données personnelles

La Cnil a infligé deux amendes au groupe Carrefour qui n'avait pas respecté les règles européennes sur les données personnelles.
La Cnil a infligé deux amendes au groupe Carrefour qui n'avait pas respecté les règles européennes sur les données personnelles. © OMAR TORRES / AFP
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avec AFP
La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a épinglé le géant de la grande distribution Carrefour pour avoir enfreint les règles européennes sur les données personnelles. Ainsi, Carrefour France devra payer une amender de 2,25 millions d'euros tandis que Carrefour Banque, également pointée du doigt, devra s'acquitter de 800.000 euros. 

Le gendarme français des données personnelles, la Cnil, a infligé une amende de 3 millions d'euros à deux sociétés du groupe de grande distribution Carrefour, pour avoir enfreint les règles européennes sur les données personnelles, a-t-elle annoncé jeudi. Saisie de plusieurs plaintes et après avoir effectué des contrôles entre mai et juillet 2019, "la Cnil a constaté des manquements concernant le traitement des données des clients et des utilisateurs potentiels", écrit la Commission dans un communiqué publié sur son site.

Carrefour France devra s'acquitter d'une amende de 2,25 millions d'euros, et Carrefour Banque de 800.000 euros. Aucune injonction n'a été prononcée, le régulateur ayant depuis "constaté que des efforts importants avaient permis la mise en conformité sur tous les manquements relevés". "La décision de la Cnil concerne des défaillances passées et isolées. Elles sont aujourd'hui entièrement corrigées", a réagi Carrefour sur Twitter. Le géant de la distribution affirme également n'avoir retiré de ces pratiques "aucun avantage financier".

28 millions de profils du programme de fidélité conservés

Dans le détail, la Cnil reproche à Carrefour de n'avoir pas informé suffisamment les utilisateurs de ses sites et les clients inscrits à son programme de fidélité sur la durée de conservation et les traitements, dont beaucoup était de plus irréguliers, appliqués à leurs données personnelles. Le régulateur a constaté que des "cookies", c'est-à-dire des traceurs, servant à la publicité étaient déposés lors d'une connexion sur le site avant que le consentement de l'utilisateur ne soit obtenu comme l'impose le Règlement général sur la protection des données (RGPD) entré en vigueur en mai 2018. Carrefour Banque a également communiqué au programme de fidélité de l'enseigne de distribution l'adresse postale, le numéro de téléphone ou le nombre d'enfants de personnes souscrivant à une offre de crédit, alors qu'elle "indiquait explicitement qu'aucune" de ces données n'était transmise.

Enfin, "la société Carrefour France ne respectait pas les durées de conservations des données qu'elle avait fixées", note le régulateur. Les profils de quelque 28 millions de clients du programme de fidélité et 750.000 utilisateurs du site carrefour.fr, inactifs depuis 5 à 10 ans, étaient ainsi conservées. La Cnil considère qu'une durée dépassant 4 ans après le dernier achat est excessive.