Budget européen : un premier sommet post-Brexit sous tension

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Union européenne 1:09
Les 27 doivent se mettre d'accord sur le budget de l'Union pour les sept à venir © EMMANUEL DUNAND / AFP
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Les dirigeants européens se rencontrent jeudi à Bruxelles pour fixer le budget de l'Union des sept années à venir. Une première épreuve post-Brexit pour les Européens, qui peinent à se mettre d'accord sur les priorités financières de l'UE. 

"Même pour un vieux cynique comme moi, c’est dur", affirme un diplomate chevronné. Dur de voir les Européens incapables de traduire leurs paroles en actes, poursuit-il. Jeudi, les chefs d’Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron, ont rendez-vous à Bruxelles afin de se mettre d’accord sur le budget de l’Union à 27 pour les sept années à venir. La première grande épreuve post-Brexit pour les Européens.

Car depuis presque trois ans, les 27 rivalisent d’agendas et des projets ambitieux. Ce sommet représente donc l’occasion de concrétiser toutes ces propositions, en donnant à l’Union les moyens financiers de devenir le chef de file sur le climat ou d'élaborer le monde numérique de demain. Mais cette ambition se heurte aux pays frugaux, les "frugal 4" comme on les appelle à Bruxelles. Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède, appuyés en sous-main par l’Allemagne, ne veulent pas payer plus. Le Brexit laisse un trou dans la caisse de 10 milliards d’euros par an ? "Tant pis", répondent-ils, recommandant d’adapter les ambitions de l’Union à ses moyens réels.

Des coupes "franches" dans le budget de la PAC

A ce stade, le projet de budget coupe donc dans les fonds pour les régions, la défense et la politique agricole commune (PAC). Les crédits de cette dernière sont en baisse de 14% par rapport aux années précédentes. "Pour le secteur agricole, le compte n’y est pas. Et on ne peut pas se satisfaire de cette coupe assez franche et violente", déplore Jeremy Decerle, agriculteur et député européen LREM, au micro d’Europe 1. Il dénonce un "mauvais signal" envoyé à un secteur auquel on demande pourtant "beaucoup, notamment d’assurer la sécurité alimentaire".

"On va encore accentuer les difficultés économiques dans les exploitations agricoles. Le métier ne va pas gagner l’attractivité nécessaire pour justement renouveler les générations. Si on loupe ce renouvellement de génération, dans 10 ou 15, ce ne sera sûrement pas très joli à voir", prévient-il.

Les chefs d’Etat et de gouvernement arrivent à Bruxelles jeudi après-midi pour tenter de se mettre d’accord. Loin encore de trouver un accord, le sommet pourrait durer. "Prévoyez des tenues de rechange", ont déjà prévenu certains participants.

Europe 1
Par Isabelle Ory, édité par Laetitia Drevet