Sébastien Lecornu veut demander un effort aux retraités pour boucler le budget 2027. Mais le Premier ministre promet dans le même temps de protéger les pensions les plus modestes. Toute l'équation est là : cibler seulement les retraités les plus aisés rapporte peu. Élargir l'effort permettrait d'économiser davantage mais au prix d'un risque politique beaucoup plus lourd.
Deux pistes sont désormais clairement sur la table du Premier ministre en vue du projet de finances 2027 : freiner la revalorisation des pensions sur l'inflation ou revoir l'abattement fiscal de 10% accordé aux retraités.
Plus le gouvernement place le seuil haut, plus le rendement chute
La désindexation peut rapporter gros. Un gel généralisé représenterait environ six milliards d'euros d'économies. Mais Sébastien Lecornu veut épargner les petites retraites. Et plus le gouvernement place le seuil haut, plus le rendement chute.
À 3.000 euros par mois, seuls 8% des retraités seraient concernés. Selon l'Institut Montaigne, le gain tomberait alors à quelques centaines de millions d'euros. Avec un autre problème : l'effet de seuil.
À quelques euros près, une pension pourrait augmenter pendant que celle du voisin serait gelée. Le Premier ministre cherche donc encore son point d'équilibre. Car l'arbitrage est brutal : cibler les plus aisés limite le coût politique, mais rapporte peu. Pour trouver plusieurs milliards, il faudra forcément viser beaucoup plus large.