Assurance-chômage : le Medef veut "remettre le système à plat"

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Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, plaide pour changer les règles d'indemnisation du régime d'assurance-chômage. (Photo d'archives)
Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, plaide pour changer les règles d'indemnisation du régime d'assurance-chômage. (Photo d'archives) © ERIC PIERMONT / AFP
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Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a proposé deux alternatives au régime s'assurance-chômage dans un entretien publié dimanche soir par "Les Échos".

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux plaide pour changer les règles d'indemnisation du régime d'assurance-chômage afin d'inciter au retour à l'emploi, dans un entretien publié dimanche soir par Les Échos (édition abonnés).

Une "allocation de solidarité spécifique" ou un "régime assurantiel complémentaire". Au moment où s'ouvrent des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour une réforme de l'assurance chômage, Geoffroy Roux de Bézieux appelle à "remettre complètement le système à plat". Le nouveau président du Medef envisage la création d'"une allocation universelle forfaitaire financée par la CSG, gérée par l'État, qui intégrerait l'ASS [Allocation de solidarité spécifique, attribuée aux personnes ayant épuisé leurs droits au chômage] et potentiellement d'autres minima sociaux". Deuxième proposition, la mise en oeuvre d'"un régime assurantiel complémentaire obligatoire, géré par les partenaires sociaux, comme c'est le cas pour les retraites complémentaires, financé par les cotisations des entreprises, non garanti par l'État et avec une règle d'or : l'équilibre des comptes".

Un régime supplémentaire pour les indépendants et les chefs d'entreprise. En outre, Geoffroy Roux de Bézieux propose un régime supplémentaire, pour les indépendants et les chefs d'entreprise "qui ne sont pas assurés aujourd'hui par les cotisations", et plaide pour que le budget de Pôle emploi soit financé séparément.

Un financement universel par la CSG. Geoffroy Roux de Bézieux justifie ce changement de système par trois raisons : les problèmes de recrutement qui sont devenus "la préoccupation numéro un des chefs d'entreprises" ; la mauvaise situation financière de l'Unédic, le gestionnaire de l'assurance chômage ; enfin le fait que, selon lui, il n'y a plus de véritable système d'assurance-chômage. "L'Unédic finance le service public de l'emploi, l'État garantit la dette et, dernier élément clef : il n'y a plus de cotisations salariales mais un financement universel via la CSG", met-il en avant.

La dégressivité ? "un paramètre comme un autre". Interrogé sur la question de la dégressivité, le patron du Medef estime qu'il s'agit "d'un paramètre comme un autre", tout en précisant qu'"il ne faut pas confondre plafonnement des indemnités, dont on peut discuter aussi, et dégressivité des allocations".

Il affirme aussi son opposition à un système de bonus-malus pour les contrats courts, "car la conséquence de la taxation, ce sera qu'il n'y aura tout simplement pas d'embauche. C'est une vision punitive de l'économie". La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a indiqué dimanche que le gouvernement "n'avait aucun tabou" sur la nouvelle réforme de l'assurance chômage, y compris au sujet de la dégressivité des allocations chômage.