Le chanteur Amir devait se produire ce dimanche 26 juillet dans le cadre du Sunset Live, aux Terrasses du Port, un centre commercial de Marseille (Bouches-du-Rhône). Toutefois, l'événement a été annulé pour des "raisons de sécurité". Le Crif Marseille-Provence déplore une "campagne de pression et de boycott menée par des collectifs propalestiniens".
Quelques jours après le harcèlement visant Barbara Butch, le chanteur Amir est également dans la tourmente. Quelques jours avant son concert prévu ce dimanche 26 juillet dans le cadre du Sunset Live des Terrasses du Port à Marseille, l'événement a été annulé pour des "raisons de sécurité".
"Cette décision vise à garantir la sécurité des artistes, du public, de nos équipes et de l’ensemble des personnes présentes sur le site", est-il indiqué sur le compte Instagram de l'événement.
Des appels au boycott de collectifs propalestiniens
Cette décision intervient après plusieurs appels au boycott de la part de plusieurs collectifs propalestiniens, dont l'Union pour la Palestine Marseille. Dans un communiqué sur les réseaux sociaux, il dénonçait la présence du chanteur, accusé de "soutenir activement l'armée et la politique israéliennes". "Ces choix soutiennent un régime accusé de graves violations du droit international par la Cour internationale de justice", était-il également écrit.
Après l'annonce de l'annulation, l'organisation a revendiqué une "victoire de la mobilisation populaire". Il précise également que "cet appel (au boycott) reposait sur des revendications politiques et s'inscrivait dans une démarche exclusivement pacifique", avant de "remercier toutes les personnes, associations et organisations qui se sont mobilisées dans le respect des principes de la mobilisation non-violente".
"De quelle victoire parle-t-on ?", s'interroge le Crif
De son côté, le bureau Marseille-Provence du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a exprimé dans un communiqué "sa profonde inquiétude" après cette annulation, dénonçant la communication de l'Union pour la Palestine de Marseille.
"De quelle victoire parle-t-on ? Celle d’avoir empêché un artiste de chanter ? Celle d’avoir privé des milliers de personnes d’un moment de musique et de rassemblement ? Celle d’avoir créé un climat suffisamment préoccupant pour conduire les organisateurs à renoncer à l’événement ?", s'interroge-t-il.
Le Crif estime ainsi que "sous couvert de liberté d'expression et de boycott prétendument pacifique, ces organisations imposent progressivement leur loi à la vie culturelle". L'organisme, qui exprime "son plein soutien à Amir", dit enfin "refuser que l’identité franco-israélienne d’un artiste puisse devenir un motif de mise à l’index".
L'artiste Amir Haddad, représentant de la France à l'Eurovision 2017, subit des appels au boycott de ses concerts depuis plusieurs mois. En janvier, il avait réagi au micro d'Europe 1 : "on ne peut pas faire avancer quoi que ce soit en boycottant la culture. C’est une aberration et ça nous fera tous régresser."