Quand Philippe Geluck compare les réseaux sociaux aux "graffitis des chiottes"

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Philippe Geluck 0:46
Philippe Geluck publie un nouveau tome du "Chat" © Europe 1
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Le dessinateur de bande dessinée Philippe Geluck se désole, via l'intermédiaire son personnage du Chat, de l'augmentation de la parole haineuse. Il explique dans "Culture Médias" que les réseaux sociaux jouent un rôle actif dans cette évolution sociétale.
INTERVIEW

Invité de Culture Médias pour la sortie de sa nouvelle bande dessinée Le Chat est parmi nousPhilippe Geluck explique observer une hausse de la haine et du mépris dans la société. Un phénomène selon lui amplifié par les réseaux sociaux, qu'il ne porte pas vraiment dans son cœur. 

"Des graffitis de chiottes"

Dans son livre, publié ce mercredi, Philippe Geluck fait dire à son personnage du Chat qu'il est "discriminophobe". Une façon pour l'auteur de dénoncer l'augmentation des discours de haine. "Je ne vais pas le redire pour la énième fois, mais le phénomène Internet amplifie cette mise en avant des graffitis de chiottes", compare-t-il.

"À l'époque, les gens écrivaient des saloperies sur des collègues de bureau dans les murs des chiottes : des choses obscènes, des insultes, des injures...", se souvient-il. "Je n'en vois plus tellement dans les toilettes aujourd'hui. Mais j'ai l'impression que certains sites sur Internet jouent désormais ce rôle-là." 

La responsabilité des médias

Ce transfert des murs des toilettes aux réseaux sociaux pourrait être une simple évolution vers le numérique des discours de haine. Mais, selon Philippe Geluck, la question a pris une nouvelle dimension. "Le problème, c'est qu'à l'époque les journaux ne reprenaient pas les graffitis des chiottes", explique le dessinateur. "Maintenant, on reprend les insultes qui sont distribuées gratuitement sur certains réseaux." Une forme d'appel à  la responsabilité des médias.

Europe 1
Par Alexis Patri