Philippe Boxho, médecin légiste réputé pour son franc-parler et son humour noir, publie "Post Mortem", une bande dessinée qui plonge dans les coulisses de son métier. Autopsies, scènes de crime, entomologie médico-légale : l'ouvrage rappelle avec justesse que la mort fait partie de la vie.
Il exerce une profession qui fascine autant qu'elle peut effrayer. Philippe Boxho est médecin légiste, et il raconte son métier avec franc-parler, pédagogie et humour noir dans une bande dessinée qui vient de paraître, "Post Mortem".
Imaginez un tutoriel expliquant comment pratiquer une autopsie sans peine : c'est un peu le principe de cette bande dessinée, mais pas seulement. L'ouvrage égrène des histoires improbables d'autopsies, des scènes de crime qui tentent de conserver leurs secrets, ou encore une plongée dans l'entomologie médico-légale, cette discipline qui étudie les insectes présents sur les cadavres pour en tirer des informations précieuses, souvent déterminantes dans une enquête.
"Une fois que je l'ai recousu, ça redevient un être humain"
Comment l'auteur envisage-t-il son métier ? Philippe Boxho livre une réflexion sans détour sur son rapport aux corps qu'il examine. "L'être humain, tant qu'il est vivant, est un être humain. À partir du moment où il est mort, il n'est plus qu'une enveloppe charnelle. Peut-on encore le qualifier d'être humain à part entière ? Certainement pas. Mais peut-on pour autant le négliger en le considérant que ce n'est plus qu'un objet ? Ce n'est pas vrai non plus", explique-t-il.
Le légiste précise sa méthode de travail, entre distance nécessaire et respect du défunt. "Je fais en sorte de pouvoir travailler dessus sans émotion, car l'émotion en médecine légale trompe le jugement et risque de nous induire en erreur. Je réhumanise le corps : une fois que je l'ai recousu, ça redevient un être humain présenté à sa famille. Et la famille a le droit de le voir. Pour qu'elle le voie, il faut qu'il soit présentable, donc il faut que je travaille bien", détaille-t-il.
Un mélange de légèreté et de gravité
Entre légèreté et gravité, fascination et passages insoutenables, "Post Mortem" réussit son pari : rappeler, à travers le regard singulier d'un médecin légiste, que la mort fait partie intégrante de la vie. La bande dessinée est dessinée par Pierre Alary et racontée par le docteur Philippe Boxho, médecin légiste.