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«Il a été tué par une stalactite» : Philippe Boxho raconte l'une des enquêtes les plus folles de sa carrière

Pour mener à bien sa mission, Philippe Boxho reconnaît devoir prendre de la distance avec les victimes. [© Europe 1]

Invité de Culture Médias pour la sortie de la BD Post-Mortem, Philippe Boxho a raconté les réalités parfois méconnues du métier de médecin légiste. L'occasion d'évoquer une enquête hors norme conclue par une découverte aussi improbable que tragique.

Invité de Culture Médias, le médecin légiste Philippe Boxho a tenu à démonter certains clichés véhiculés par les séries télévisées sur sa profession. "D'abord, on doit être deux", explique-t-il au sujet des autopsies judiciaires. Une règle destinée à éviter les erreurs d'interprétation et à garantir un regard contradictoire sur les constatations réalisées.

L'autopsie suit ensuite un protocole immuable. "On commence toujours par un examen extérieur" avant d'ouvrir le corps pour rechercher des lésions invisibles et déterminer avec certitude la cause du décès.

"L'empathie (envers les victimes), c'est un brouillard"

Pour mener à bien sa mission, Philippe Boxho reconnaît devoir prendre de la distance avec les victimes. "L'empathie, c'est un brouillard. Elle va brouiller votre réflexion et ce brouillage, on n'en veut pas."

Le médecin insiste toutefois sur la nécessité de traiter les corps avec respect. Selon lui, l'autopsie est aussi un moyen de rendre justice aux victimes et d'apporter des réponses aux familles.

Les dossiers impliquant des enfants restent cependant particulièrement difficiles. "Les autopsies d'enfants sont des autopsies qu'on n'aime pas faire. Objectivement, moi je déteste."

Une enquête mémorable

Parmi les affaires qui l'ont marqué, Philippe Boxho évoque celle d'un homme retrouvé mort après être sorti déposer ses poubelles. La victime présentait une importante blessure au cou, mais aucune arme n'avait été retrouvée. Les enquêteurs imaginaient alors l'intervention d'un objet pointu. "On cherche, l'enquête s'enlise", résume-t-il.

La solution apparaîtra finalement plusieurs mois plus tard lors d'une reconstitution. Au cours d'une discussion avec un policier, Philippe Boxho apprend que de nombreuses stalactites pendaient du toit de la maison le jour du drame.

"Ça y est, tilt." Le légiste comprend immédiatement ce qui s'est produit : "L'une des stalactites s'est détachée et a perforé le cou de la victime, provoquant une hémorragie mortelle". "Une des morts les plus particulières que j'ai eues", conclut Philippe Boxho à propos de cette affaire aussi rare qu'inattendue.