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Laure Dautriche, édité par Laura Laplaud , modifié à
L'artiste franco-américaine Joséphine Baker va "entrer" au Panthéon mardi, à Paris. Elle sera la première femme noire à être honorée au Panthéon. Elle rejoindra ainsi les "grands hommes" et les grandes femmes de l'histoire de France. Si ses prestations furent parfois polémiques, l'artiste reste l'égérie des années folles.

L'égérie des années folles, Joséphine Baker, deviendra mardi la première femme noire à entrer au Panthéon. Symbole de la lutte pour l'égalité, elle dansait un charleston endiablé et interprétait un tableau, baptisé La danse sauvage, au théâtre des Champs-Elysées à Paris en 1925, au moment même où la France vantait son empire colonial. Une prestation qui fut polémique à l'époque.

"Une muse pour l'époque"

Si sa prestation est jugée indécente par les femmes, le public s'enthousiasme pour ces rythmes afro-américains. "Elle a ce visage grotesque, avec ses mimiques et ses grimaces quand elle danse, qui la rend à la fois incroyablement suave et quelque part un peu enfantine", souligne Ophélie Lachaux, chargée des relations publiques au théâtre des Champs-Elysées. "Elle va devenir une égérie. Les femmes vont vouloir copier jusqu'à sa coupe de cheveux. Elle va démocratiser le jazz et le charleston à Paris. Elle va inspirer Coco Chanel pour sa petite robe noire. Elle est vraiment une muse pour l'époque." 

En France, sa carrière décolle. Elle dira plus tard qu'elle a quitté son continent natal, l'Amérique, et New York pour ne pas sombrer dans la prostitution. À Paris, elle découvre un nouveau monde qu'elle ne veut plus quitter. Elle raconte que, pour la première fois, elle se fait servir au restaurant par une personne blanche. Quelques mois plus tard, elle présentera avec succès une nouvelle Revue aux Folies Bergères.