Claude Onesta, ancien entraîneur et joueur de handball, était l'invité de Thomas Isle dans Culture médias ce 16 avril. Il est longuement revenu sur son rôle dans la transformation des athlètes et l'organisation de Paris 2024, et sur l'épuisement qu'il a accumulé durant 7 années de missions.
L'ancien entraîneur et joueur de handball Claude Onesta s'est confié au micro de Thomas Isle sur son rôle durant les JO de Paris en 2024, pour lesquels il a travaillé durant sept ans auprès des athlètes et pour l'organisation des Jeux.
Un manque de volonté politique
L'ancien responsable de l'équipe de France masculine de handball Claude Onesta a été le directeur de la haute-performance pour la France aux Jeux olympiques de 2024.
Il a écrit l'ouvrage Performer la méthode, un livre témoignage sur son expérience aux JO de Paris. Entre les lignes, il confie que les sept ans de mission sur les Jeux "ont été un marathon de souffrance".
"J'ai vu que la transformation, c'était quelque chose de compliqué. Que faire bouger tout ça, c'était difficile. Et que, pour autant, je pense qu'on a réussi à réaliser des performances assez exceptionnelles", a-t-il déclaré au micro de Thomas Isle.
"C'était vraiment une mission, être chargé de la performance des athlètes. A aucun moment je me demandé ce que j'avais à y gagner, parce que si je me pose la question, je ne viens pas. Par contre, j'ai vécu 30-40 ans dans ce secteur d'activité, et j'ai fait partie comme les autres de ceux qui râlaient, de ceux qui pensaient qu'il fallait faire [le sport] autrement. Donc quand on vous dit un jour, maintenant vas-y, tu peux le faire, je n'ai pas le droit de me défausser, je n'ai pas le droit de reculer."
"On me répondait toujours par des règles et règlements"
"Mais j'y suis allé un peu naïvement quand même, pensant que les Jeux à Paris, ça allait fédérer tous les acteurs autour de ce projet, que tout le monde allait être réuni. Non, non, non ! J'ai vite compris que ce n'était peut-être pas comme ça que ça allait se dérouler", a-t-il déploré.
Sa première mission a consisté à rédiger un rapport sur le sport français pour le ministère des Sports, et Claude Onesta confie avoir été inquiet à l'idée que personne ne le lise ou ne le prenne en compte. "J'ai commencé par lire des rapports qui avaient déjà été publiés, et j'ai très vite compris que tout ce qui a déjà été analysé n'avait jamais rebondi sur des solutions."
Il explique avoir lutté contre "la lourdeur de l'administration et le manque de volonté politique". Dans son livre, il relate avoir demandé à ce que son équipe travaille en open space, mais qu'il a essuyé un refus à cause... D'une photocopieuse trop bruyante, qui aurait gêné l'équipe dans son travail.
"Je posais des questions qui me paraissaient simples, et on me répondait toujours par des règles, des règlements. On me dit, la règle, c'est que vous devez avoir un bureau pour chaque collaborateur de 7 mètres carrés. Je lui ai retorqué que nous allions retirer les cloisons et tous se mettre au milieu, puis on va discuter toute la journée. Et là, je voyais le gars, il me regardait comme un extraterrestre. C'était impossible."