VIDÉO - La charge du chef Olivier Roellinger contre l'uniformisation de la cuisine

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Olivier Roellinger 1:49
Le chef Olivier Roellinger était l'invité de L'équipée sauvage le mercredi 15 janvier 2020. © Europe 1
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Dans son livre "Pour une révolution délicieuse", le chef cuisinier Olivier Roellinger plaide pour une alimentation raisonnée et raisonnable. Invité de l'Equipée sauvage mercredi, il dénonce l'uniformisation de l'alimentation et défend la diversité des cuisines du monde.
INTERVIEW

Notre alimentation est-elle trop uniformisée ? C'est en tout cas l'avis du chef cuisinier Olivier Roellinger, invité d'Europe 1 mercredi. "Notre rôle de cuisinier est de défendre la diversité des cuisines du monde car derrière chaque cuisine se cache la biodiversité végétale, animale, les savoir-faire. C'est ça le patrimoine immatériel de l'humanité. Ce n'est pas dire qu'une est meilleure que l'autre. C'est cette diversité", insiste-t-il, au micro de Mathieu Noël, dans L'Équipée Sauvage.  

"Que vous alliez au Japon, à Los Angeles, à Londres ou à Berlin, c'est toujours la même chose !"

Connu pour sa passion pour les épices, le chef constate l'uniformisation de l'alimentation. "Quel que soit le niveau de la restauration, si vous avez faim le midi, vous avez le burger, le kebab, la pizza... Et puis, quand vous allez dans la gastronomie, il y a un espèce de rouleau compresseur, un pseudo luxe qui voudrait qu'il y ait toujours le balsamique, le yuzu…", s'agace-t-il. 

Et cette uniformisation, il ne la constate pas uniquement en France, mais au niveau mondial. "Que vous alliez au Japon, à Los Angeles, à Londres ou à Berlin, c'est toujours la même chose ! A un moment donné, la cuisine doit être l'expression d'un environnement naturel, culturel et affectif", estime le chef de 64 ans.

"Certains voudraient nous faire avaler des tomates bio en plein hiver"

Dans son livre Pour une révolution délicieuse (Fayard), Olivier Roellinger plaide pour une alimentation raisonnée et raisonnable, comme le fait d'arrêter de manger des tomates en hiver. "On a l'impression que ce fruit-légume est indispensable. C'est presque devenu comme de la farine, des œufs, du lait. C'est toute l'année quoi !", s'alarme le cuisinier.

"Le drame, c'est que certains voudraient dévoyer l'esprit de la culture biologique et nous faire avaler des tomates bio en plein hiver", constate-t-il. Il ajoute : "Un produit de saison et un produit bio, c'est compatible. Un produit bio et pas de saison, c'est incompatible."

Europe 1
Par Céline Brégand