Joël Dicker : "Quand j'écris un roman, je le vis comme lecteur puisque je n’ai pas de plan"

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A l'occasion de la sortie de son nouveau roman "L'Énigme de la chambre 622", l'écrivain suisse Joël Dicker était l'invité de l'émission "L'Equipée sauvage", jeudi sur Europe 1. Il explique son rapport à l'écriture et la relation qu'il cherche à installer avec son lecteur.
INTERVIEW

Après La Vérité sur l'affaire Harry Quebert et La Disparition de Stephanie Mailer, l'écrivain suisse Joël Dicker livre son dernier thriller : L'Enigme de la chambre 622. Invité jeudi de l'émission "L'Equipée sauvage" sur Europe 1, le romancier a profité de l'occasion pour évoquer son rapport à l'écriture et sa relation avec le lecteur. "Quand j'écris un roman, je le vis comme lecteur puisque je n’ai pas de plan", a-t-il expliqué.

Un "jeu" entre auteur et lecteur

C'est la passion pour la lecture qui a poussé ce natif de Genève à écrire à son tour. "Quand on lit un roman, que l'on est pris dedans, on ne peut pas en sortir. C'est un sentiment très agréable et très fort." Par sa plume, il cherche à guider les lecteurs dans leur propre processus créatif : "Quand ce livre est fini et que des lecteurs le lisent, je considère que je n'ai fait que leur préparer des outils pour être ensuite, eux, les créateurs."

Ce "jeu" entre auteur et lecteur est, selon Joël Dicker, le versant le plus intéressant de l'exercice. Il affirme que la nécessaire adhésion du lecteur l'implique de fait dans la création : "Tout ce qu'un lecteur vit quand il lit un roman, il le crée lui", s'exclame-t-il, poursuivant : "Il peut décider de tout, il peut décider d'aller à l'encontre de ce qu'un auteur dit. Il peut décider que le décor n'est pas comme ça, que ce personnage est plus comme-ci. Il peut refermer le livre en disant 'moi je n'y crois pas, ça ne me plait pas'."

Une difficulté à tourner la page de l'écriture

Joël Dicker a également évoqué ses difficultés à conclure un roman. "Je sens que j'arrive à la fin, j'ai un peu tout dit, il faudrait que je m'arrête", explique-t-il. "Une partie de moi sait que quand je m'arrêterai je quitterai ce monde un petit peu excitant de l’inconnu [...] cette découverte de mon propre livre." 

Il décrit ainsi des sentiments contradictoires, entre le soulagement et la peur de passer à autre chose. "Tout ces sentiments font que c'est le moment où je me dis qu'il serait bien que je m'arrête [...] À force de trop vouloir reprendre et faire bien, on casse tout."

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet