Dans "Refuge", le jeune Jean-Louis Aubert dialogue avec le vieux

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Jean-Louis Aubert 1:53
Jean-Louis Aubert était l'invité de "Culture Médias" le mercredi 29 janvier 2020. © Europe 1
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Dix ans après son dernier opus solo "Roc éclair", Jean-Louis Aubert revient avec "Refuge", un double album avec lequel il s'apprête à faire la tournée des Zeniths. Le chanteur de 64 ans se confie dans "Culture Médias" mercredi sur la genèse du disque, entre passé et présent.
INTERVIEW

"J'écris des chanson qui s'accumulent dans une petite caisse en carton. Et à chaque fois, il y en a qui frappent à ma porte", remarque Jean-Louis Aubert au micro de Philippe Vandel mercredi. En 2020, le chanteur et guitariste du célèbre groupe de rock Téléphone, et des Insus, part en tournée des Zeniths avec "Refuge". Un double album de 22 titres qui succède à "Roc éclair" (2010) et aux "Parages du vide (2014), son disque en collaboration avec l'écrivain Michel Houellebecq

Avec "Refuge", Jean-Louis Aubert comptait construire "un petit territoire intérieur qui concerne des choses passées et beaucoup de choses présentes". "Ce lien entre cette personne du passé et celle du présent est intéressant puisque cette personne écrit finalement toujours les mêmes chansons. A 65 ans, je m'aperçois que je suis toujours d'accord avec moi même, ce qui est une très bonne nouvelle", estime-t-il en riant. 

"Je suis souvent assez bienveillant avec ce que j'ai écrit avant"

Le premier titre du disque, "On ne m'enferme pas", a été écrite par Jean-Louis Aubert alors qu'il n'avait que 19 ans. Une chanson "habitée par l'esprit de quelqu'un qui a mon âge", constate le chanteur. "Je me demande pourquoi un môme de 19 ans écrit : 'Je me sens si loin d'où je viens'. C'est plutôt à mon âge qu'on devrait dire ça !", s'étonne-t-il. Un texte qui lui laisse penser que "le fil avec cette petite âme intérieur n'est pas rompu". "C'est ce dont j'essaie de parler, c'est ce qui fait refuge dans l'album : ce petit message qu'à l'intérieur de nous, on a certainement un endroit où on peut être en paix."

Dans ses cartons, Jean-Louis Aubert a retrouvé des cassettes, parfois illisibles sans le lecteur adapté, et un tas de petits carnets. Contrairement à ses textes écrits maintenant, qu'il trouve souvent "pas assez bien" et qu'il retravaille beaucoup, il remarque être "souvent assez bienveillant avec ce [qu'il a] écrit avant."

Europe 1
Par Céline Brégand