Quand Jean-Jacques Debout faisait les 400 coups avec... le gangster Jacques Mesrine

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Jean-Jacques debout se souvient de son amitié, enfant, avec Jacques Mesrine. 5:26
Jean-Jacques debout se souvient de son amitié, enfant, avec Jacques Mesrine. © Jacques Demarthon / AFP
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Jean-Jacques Debout s'est confié sur ses souvenirs d'enfance, sur son parcours, sur ses rencontres, au micro d'Europe 1, ce dimanche dans l'émission "Il n'y a qu'une vie dans la vie", d'Isabelle Morizet. L'artiste de 79 ans raconte notamment son amitié avec Jacques Mesrine, l'un des criminels français les plus célèbres.

Jean-Jacques Debout est de ceux dont la vie ressemble à celle d'un personnage de roman. Invité au micro d'Europe 1 pour l'émission "Il n'y a qu'une vie dans la vie", l'auteur, compositeur et interprète français a raconté des anecdotes sur sa vie et notamment sur sa rencontre avec le criminel français Jacques Mesrine, alors qu'ils étaient tous les deux enfants et internes dans un pensionnat de Juilly, en Seine-et-Marne. Celui qui deviendra un proche de Johnny Hallyday recevait alors une éducation très rigide de son père, opticien du Général De Gaulle, effrayé de voir son fils ne pas emprunter une voie traditionnelle. Jean-Jacques Debout est donc envoyé, à 10 ans, dans une pension à Juilly.

 

C'est dans cet établissement religieux que Jean-Jacques Debout fait la rencontre de Jacques Mesrine. Enfant, le futur criminel français était déjà un rebelle. "Mais je ne m'en n'étais pas rendu compte de suite", se souvient le compositeur. Jean-Jacques Debout raconte alors la naissance de leur amitié, dans le bus scolaire : "Le car démarre, il me regarde et puis il me dit 'Tu t'appelles comment toi ?', je lui dis 'Je m'appelle Jean-Jacques Debout'". Evidemment, le futur gangster ne le croit pas. Et pourquoi pas "Jacques assis ?", plaisante-t-il. "Puis il me dit : 'Moi, je m'appelle Jacques Mesrine, y a un 's' mais on ne le prononce pas. Mais appelle moi Jacky ça ira plus vite. Et toute ma vie je l'ai appelé Jackie", se souvient Jean-Jacques Debout.

Le Robin des Bois de la pension

Jacques Mesrine, dont les parents étaient très fortunés, demandait de l'argent à sa mère pour les orphelins de la pension, raconte celui qui était alors un de ses camarades. "On n'était pas loin de la dernière guerre et le Général de Gaulle avait demandé à tous les collèges de France d'accueillir des orphelins de guerre. Et il y en avait pas mal." Le jeune Mesrine demandait de l'argent pour acheter aux orphelins des trousses, des cartables et le dimanche, quand ses parents l'emmenaient déjeuner, il exigeait que ceux qui ne recevaient pas de visites l'accompagnent, raconte son ancien camarade. Jacques Mesrine, une sorte de Robin des Bois ? "Oui", répond Jean-Jacques. "Il était formidable. Il avait monté une équipe de football et quand il ne gagnait pas, il allait voir le gardien de but et il lui donnait un coup de tête !"

Les souvenirs s'enchaînent et se précisent. Jean-Jacques Debout raconte, au micro d'Europe 1 leur réveil à l'aube, en tant qu'enfants de chœur. Mesrine en profitait pour piller les deniers de l'Eglise et reverser de l'argent à sa bande. "Il avait une épingle à cheveux et il ouvrait les troncs et prenait les pièces, les billets de 5 francs (...) et il le donnait aux orphelins", se souvient son ancien comparse.

"Il a fait de moi Claude Luther"

Sa première évasion, Mesrine l'a fait de l'internat, "en se cachant dans les valises", se rappelle l'époux de Chantal Goya. "Il avait un parrain qui était dans la police, même lui n'a pas réussi à le retrouver !" Parmi leurs aventures de jeunes pensionnaires, une a particulièrement marqué Jean-Jacques Debout : cette fois où Jacques Mesrine vole une clarinette à un orchestre itinérant, pour la donner à son ami d'alors. "Il avait fait de moi Claude Luther (célèbre clarinettiste ndlr) !".

Des débuts dans la musique qui se concrétisent à la fin de ses études. Jean-Jacques Debout rate alors son certificat, quitte le pensionnat et emménage chez sa grand-mère qui habite Paris. Elle lui fait découvrir les Music Hall. Sa vie artistique commence.

Europe 1
Par Olfa Ayed