James Dean, la fureur de vivre : "Il voulait être différent, se distinguer"

  • A
  • A
Partagez sur :
Chez Christophe Hondelatte, le journaliste Jean-Philippe Guérand, auteur d'une biographie de l'acteur, revient sur le destin hors normes de James Dean.
HONDELATTE RACONTE

Trois films seulement, mais il est pourtant l'un des acteurs les plus mythiques d'Hollywood. James Dean est mort en 1955, à 24 ans, alors que ses trois premiers longs-métrages le prédestinaient à la gloire. Chez Christophe Hondelatte mardi, le journaliste Jean-Philippe Guérand, auteur d'une biographie sobrement intitulée James Dean, revient sur la destinée de l'éternel jeune comédien.

"Il cherchait un père de substitution". James Dean a 9 ans lorsque se produit le premier drame de sa vie : la mort de sa mère. Nous sommes en juillet 1940 et l'acteur est alors placé chez sa tante et son oncle, ne voyant son père qu'une à deux fois par an. Le couple lui offre un bel équilibre affectif. Adolescent dans l'Indiana, James Dean n'a rien d'un sex-symbol : petit, myope, il porte des lunettes et des prothèses dentaires. C'est un pasteur, le révérend de Weerd, qui va lui faire découvrir l'art, la musique, la philosophie et surtout le théâtre. "Je pense qu’il cherchait un père de substitution. Il avait un vrai besoin que quelqu’un qui lui apprenne des choses, la vie", souligne le journaliste Jean-Philippe Guérand.

James Dean dans La Fureur de vivre, son rôle le plus célèbre :

À 18 ans, James Dean fait la Une du quotidien local. Il vient de remporter la première place du concours de déclamation dramatique. Mais pour devenir comédien, il doit partir de l’Indiana. Il décide alors de rejoindre l'Université de Los Angeles, en Californie, où vit son père. Son objectif du premier trimestre ? Perdre sa virginité. À côté de ça, au département de théâtre de l'Université, ses débuts sont catastrophiques. C'est à ce moment-là qu'il va faire une rencontre déterminante : Roger Brackett, de 30 ans son aîné, directeur financier d'une agence de publicité, qui va être son amant. Roger Brackett lui dégote notamment des rôles à la télévision, mais pour James Dean, cela ne suffit pas. Il veut faire du cinéma, comme ses deux héros : Marlon Brando et Montgomery Clift.

Le choix d'Elia Kazan. En mai 1952, alors qu'il a 21 ans, il décide de partir pour New York, afin de rejoindre l'Actors Studio, où l'un de ses professeurs n'est autre qu'Elia Kazan. Séduit par le jeune homme, le metteur en scène le choisit pour son prochain film : À l'est d'Éden. "Elia Kazan l’a choisi parce qu’il a su qu’il allait pouvoir actionner des fêlures profondes chez lui", confie Jean-Philippe Guérand. Le tournage du long-métrage commence en mai 1954, dans la vallée de Salinas, en Californie. James Dean est odieux, il ne parle à personne et se met tout le monde à dos. "James Dean voulait être différent, se distinguer. Il avait une sorte de morgue, de mépris en lui", détaille l'auteur de la biographie. Quant au film, c'est l'un des plus gros succès de l'année aux États-Unis.

L'autre passion de James Dean, ce sont les voiture. Alfa Roméo, Porsche 356… James Dean craque pour un beau bolide dès qu'il a un chagrin. Comme celui qu'il connaît après sa rupture d'avec Anna Maria Pierangeli, dont il ne se remettra jamais réellement.

Un "destin tellement incroyable". James Dean enchaîne ensuite deux tournages, La fureur de vivre de Nicholas Ray, puis Géant de George Stevens. Au même moment, il s'achète une Porsche 550 Spyder. C'est avec ce bolide que James Dean va se tuer.

Alors qu'il se dirige vers Salinas, une Ford Tudor lui coupe la route pour tourner à gauche à un croisement dans la petite ville de Cholame. La Porsche 550 Spyder de James Dean fait plusieurs tonneaux avant de retomber. L'acteur meurt dans l'accident. Coup du lapin. Il ne roulait ni trop vite (80 km/h), ni avec de l'alcool dans le sang.

Quelques semaines plus tard sort La fureur de vivre, qui consacre le mythe James Dean, définitivement. "On a fantasmé autour de la mort de James Dean. Il y a un livre uniquement consacré à son accident", relate Jean-Philippe Guérand. "Son destin était tellement incroyable, assorti d’une part fantasmatique post-mortem."

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau