Helena Noguerra : "Quand on naît femme, on est féministe"

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La comédienne, chanteuse et romancière, Helena Noguerra, participera au festival "Paris des femmes", au Théâtre de la Pépinière à Paris. Une initiative pour mettre en avant la création théâtrale au féminin. Militante féministe engagée, elle définit ce qu'est pour elle le féminisme au micro d'Anne Roumanoff sur Europe 1. 
INTERVIEW

Le festival "Paris des femmes" se tiendra au Théâtre de la Pépinière à Paris les 9,10 et 11 janvier prochain. Cet événement célèbre depuis 9 ans les femmes dans le théâtre. Plusieurs personnalités issues du monde de la chanson, du cinéma, du théâtre ou écrivaines sont invitées à écrire des pièces courtes, sur un thème commun. Helena Noguerra, chanteuse, comédienne et romancière belge, présentera une création "Un dernier rêve pour la route". Au micro d'Anne Roumanoff, elle revient sur ce qu'est pour elle le féminisme

"Il n'y a pas de guerre"

"Bien sûr, je suis féministe engagée et militante", explique Helena Noguerra. "Peut-être que l’on ne naît pas femme, qu'on le devient, mais quand on naît femme on est féministe." Issue d'une famille de femmes fortes, notamment sa mère, elle assume fièrement ce matriarcat tout en soulignant la place des hommes dans sa vie. " Les femmes ont peur de dire qu’elles sont féministes et les hommes ont peur des féministes en pensant qu’il y a une guerre, mais il n'y a pas de guerre", souligne la comédienne.

Un cliché qu'elle souhaite déconstruire. "Eux Tarzan, nous Jane, c’est parfait, sauf qu’on veut l’égalité en droit et en dignité. Quand on dit qu’on veut être égale, cela ne veut pas dire qu’on est pareil, mais qu’on veut les mêmes droits. C’est tout à fait simple, c’est du bon sens et cela devrait être tout à fait bien compris par Tarzan."

Un monde sans problème d'équité

Tout au long de sa carrière, Helena Noguerra a été confrontée à la différence de traitement entre hommes et femmes, même si les choses tendent à évoluer. "Parfois, par inconscience, on ne se dit pas qu’on est une femme mais un individu et cela donne de la force. Mais parfois, on se rend compte qu’on est une femme et que cela diminue les opportunités."

Avec ce festival de théâtre, la parole est donnée aux femmes. Une initiative positive mais qui marque encore une différence entre hommes et femmes dans le processus de création. "Quand on est très évolué on peut se dire que c’est dommage qu’il y ait des clans. Tant qu'il y aura des cycles de cinéma homosexuel, africain, féminin, ce sont des minorités qui s’expriment et on leur concède une petite place", explique Helena Noguerra. "Il y aura un monde, un jour, où cela n’existera plus et ce sera un film d'un tel, une pièce d'une telle, et on ne parlera plus de ce problème d’équité ou de parité. C’est peut-être un passage encore nécessaire puisque nous sommes encore les barbares d’un homme plus évolué qui pourra voir le jour, si la planète le permet", espère-t-elle. 

Europe 1
Par Mathilde Durand