Frédéric Beigbeder : "J'ai toujours cherché des métiers où on était bien payé à rien foutre"

Frédéric Beigbeder est revenu sur son expérience dans la publicité et les conséquences de ses livres sur sa vie professionnelle.
Frédéric Beigbeder est revenu sur son expérience dans la publicité et les conséquences de ses livres sur sa vie professionnelle. © Capture d'écran Europe 1
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Jonathan Grelier
Invité de l'émission "Il n'y a pas qu'une vie dans la vie" d'Isabelle Morizet, dimanche sur Europe 1, Frédéric Beigbeder s'est confié sur ses expériences professionnelles menées en parallèle de l'écriture de ses romans. C'est notamment son travail de publicitaire qui a inspiré 99 francs, son roman satirique sur ce secteur.
INTERVIEW

Dans son nouveau roman L'homme qui pleure de rire, dont le le titre laisse sa place à une émoticône rigolarde en couverture, Frédéric Beigbeder fait allusion à son éviction de France Inter dans la foulée de sa chronique improvisée lors d'une matinale de la radio en 2018. Outre ce livre satirique sur la "dictature" du rire dans la société, l'écrivain revient aussi sur Europe 1 sur son roman 99 francs dans lequel il épingle l'univers de la publicité, secteur où il a travaillé dans les années 1990.

"C'est pour ça que j'ai travaillé dans les médias, la pub et à la télé"

"C'est vrai que j'ai toujours cherché à entrer dans des métiers où on était bien payé à rien foutre. C'est tout à fait juste. C'est pour ça aussi que j'ai travaillé dans les médias, la pub et bien sûr à la télé, ça c'est dit", lance d'emblée Frédéric Beigbeder dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie d'Isabelle Morizet diffusée dimanche.

Concernant la publicité, son vœu a été exaucé à 25 ans. "La pub, c'est arrivé après mon premier roman, Mémoires d'un jeune homme dérangé, en 90. Il a été lu par plusieurs publicitaires qui m'ont appelé et j'ai été embauché dans une agence", raconte-t-il. "Il cherchaient des créatifs et ils se sont dit : 'Tiens, c'est amusant ce livre, il y a plein de formules, d'aphorismes, ce jeune homme a un goût pour les pirouettes verbales.' Donc j'ai été embauché. C'est une agence qui existe toujours, qui s'appelle CLM BBDO. Ils m'ont donné ma chance comme rédacteur."

"Ça montre le pouvoir d'un livre"

Mais c'est d'une autre société publicitaire, Young & Rubicam, que Frédéric Beigbeder a été licencié à la suite de la parution de 99 francs, dans lequel il épingle l'impact des publicitaires sur la société de consommation.

"Ça montre le pouvoir d'un livre. Quand on dit ce qu'on veut, ce qu'on pense librement dans un livre, ça provoque des réactions. Moi ça m'est arrivé souvent de perdre mon emploi. Dans le cas du dernier [livre], j'ai quand même perdu mon emploi avant d'écrire le livre. Mais 99 francs c’était l'inverse", estime-t-il avant de conclure : "Je crois que c'est très sain et même urgent et nécessaire de critiquer les endroits où l'on se trouve et donc ça ne devrait pas être un problème de critiquer l’entreprise qui vous emploie."