"Falbalas", "L'Exorciste" et "Psychose" : les films de la vie de Jean-Paul Gaultier

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Jean-Paul Gaultier s'est prêté au jeu du "portrait chinois" cinéma cette semaine (photo d'archives).
Jean-Paul Gaultier s'est prêté au jeu du "portrait chinois" cinéma cette semaine (photo d'archives). © Europe 1
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Dans la nouvelle émission cinéma d'Europe 1, "Clap", un invité se prête chaque semaine à un portrait chinois autour du cinéma. Cette semaine, c'est Jean-Paul Gaultier qui répond à ce questionnaire de Proust version Septième art.
INTERVIEW

Tous les samedis pendant une heure dans Clap, le spécialiste cinéma d'Europe 1 Mathieu Charrier et ses chroniqueurs font le tour de l'actualité du Septième art. Chaque semaine, un invité, qu'il soit ou non du monde du cinéma, se soumet à un questionnaire de Proust version 7e art. Cette semaine, le couturier Jean-Paul Gaultier répond aux questions de ce portrait chinois.

Le premier film que vous avez vu ? 

Falbalas, le film de Jacques Becker avec Micheline Presle. C'est un film des années 40, l'histoire d'un couturier qui tombait amoureux de Micheline Presle, évidemment, qui devenait sa muse. 

Pourquoi j'en parle ? Parce que j'ai voulu devenir ce couturier. J'avais déjà vu auparavant des choses dans des revues, j'avais vu les Folies-Bergère à la télévision. (…) Mais le film m'a donné vraiment cette impulsion de dire : "C'est ça, je vais être comme le couturier". Il y avait cette notion aussi de défilé, avec une muse inspiratrice, avec un très bel éclairage et tout. Donc, c'est pour ça que quand j'ai fait de la mode après, j'ai voulu faire des défilés à tout prix. S'il n'y avait pas eu de défilé, je n'aurais pas fait de mode.

Votre meilleur souvenir en salle?

Il y en a plusieurs, mais on va dire le Rocky Horror Picture Show, de Jim Sharman, parce que c'est quelque chose d'assez unique, d'iconique. J'ai eu la chance de voir à Londres, dans les années 74-75. J'avais vu la pièce de théâtre sur King's Road, comme ça, par hasard, grâce à l'affiche avec des lèvres ensanglantées et j'avais trouvé ça super. (…) Je crois qu'à sa sortie, il a eu un succès très limité et après, il est devenu complètement culte. 

Votre pire souvenir en salle?

Je dirais que c'est la déception en général, tous ceux qui m'ont déçu. Il y en a un, notamment : j'étais allé voir l'Exorciste, on m'avait parlé de quelque chose de terrifiant. Les gens sortaient de la salle, il y en a qui vomissaient dans la salle. Je l'ai vu, moi, ça m'a fait beaucoup rire. 

Le film que vous aimez, mais vous avez honte de l'avouer ? 

J'aime bien Les Sous-doués, de Claude Zidi, et certains films très franchouillards, assez drôles. Je n'ai pas du tout honte d'aimer des films de Jean-Pierre Mocky, par exemple. Un drôle de paroissien, je trouve ça extraordinaire.

Le film qui vous a fait le plus rire?

Le film qui m'a fait le plus rire, je ne l'ai pas encore vu. C'est, et j'en suis certain, il va me faire hurler de rire, Aline de Valérie Lemercier. Aline, évidemment (en salles en novembre, ndlr)

Le film que conseilleriez à votre meilleur ami ?

Un film que j'ai adoré, qui est absolument magnifique : Amour, avec Trintignant. Cette année-là, j'étais, en plus, dans le jury du Festival de Cannes. C'était un régal.

En fin de compte, je n'ai pas de conseil d'un film spécifique. Ce que je dirais plutôt, c'est aller voir différentes sortes de films, ne pas rester que sur la science-fiction, par exemple. (…) Je suis pas tellement branché science fiction, parce qu'il y en a trop. Mais j'ai adoré Alien. Il y a une espèce d'ambiance, esthétiquement, c'est absolument fabuleux. Ils y avaient, pour la première fois, mis de l'humide, du crachoteux, etc. Tout un terrifiant mélange de métal et d'humidité...

La bande originale qui a marqué votre vie ?

Une séquence d'Hitchcock avec le couteau, dans Psychose. Le mouvement correspond parfaitement au film, voyez.

Ou alors, Il était une fois dans l'Ouest. A la fois pour la musique, qui est absolument reconnaissable. Mais aussi pour la mode, dans les années 70 et les manteaux longs en cuir… C'est devenu très à la mode grâce au film. 

Europe 1
Par Mathieu Charrier