Carabines, piolets et cartes de montagne : dans la bibliothèque de Sylvain Tesson

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Europe 1 a visité la bibliothèque de l'écrivain-voyageur (photo d'archives). 14:01
Europe 1 a visité la bibliothèque de l'écrivain-voyageur (photo d'archives). © AFP
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Nicolas Carreau a visité la bibliothèque de l'écrivain voyageur, entre littérature, poésie et livres de montagne. "Tout le bonheur du livre et de la lecture, c'est de prolonger l'expérience que vous avez faite sur un autre plan", estime-t-il dans "La voix est livre". 
INTERVIEW

"C'est comme une malle dans laquelle j'habiterais... J'habite dans une de mes valises." Dans la bibliothèque de Sylvain Tesson, on trouve une mezzanine avec un attirail d'alpiniste, des carabines dans un coin, des murs de livres et deux piolets plantés dans un meuble. Nicolas Carreau a eu le privilège de se rendre chez l'écrivain-voyageur dans La voix est livre, dimanche sur Europe 1. 

 

Le "phénomène" de la "double rangée"

"Mon grand malheur est que ça  n'est pas organisé", confie Sylvain Tesson. "J'ai succombé à l'une des grandes défaites de l'homme. (...) Il y a un phénomène qui s'appelle la double rangée : vous avez une rangée de livres dans votre bibliothèque, et puis vous couvrez la rangée du fond par une nouvelle rangée. Et à ce moment-là vous dites adieu à la rangée qui est masquée. Vous pensez bêtement, vous avez l'illusion que vous continuerez à recourir à vos livres qui sont au fond, mais en fait ils disparaissent."

L'écrivain glisse ne pas croire, non plus,  à la possibilité de ranger ses livres par ordre alphabétique. "Comme je consulte beaucoup mes livres... Il y a une très ancienne technologie un peu oubliée qui s'appelle le cerveau humain : vous allez puiser dans vos livres quand vous cherchez une référence ou une idée. Donc l'organisation alphabétique explose très vite." Chez l'écrivain, "c'est plutôt une vague d'organisation thématique : j'ai la poésie, j'ai le voyage, j'ai les livres de littérature de poche, j'ai les livres d'art, et c'est comme ça que je circule dans ma bibliothèque."

Un rayon "purement montagne"

Chez Sylvain Tesson, le voyage se présente comme une évidence, et cela se ressent dans les livres. "Ça occupe des rayonnages", commente l'auteur de Dans les forêts de Sibérie. "Et j'ai un rayon qui est très important très important pour moi, c'est le rayon purement montagne, avec les topos d'escalade, les guides de géographie, les cartes, les récits d'alpinisme..."

Pour l'écrivain, "tout le bonheur du livre et de la lecture, c'est de prolonger l'expérience que vous avez faite sur un autre plan". Et de citer un exemple, en saisissant un ouvrage au hasard : "Je prendrai Jack London, Une fille des neiges, et ça me rappellera des voyages dans le Grand Nord."

"Comme un manteau d'Arlequin"

Au côté de ces invitations à rêver d'ailleurs, on trouve des classiques, "un double rayonnage de Pléïade". "De temps en temps vous tirez la correspondance de Flaubert, ou une tragédie de Shakespeare, ou les poésies païennes de Fernando Pessoa, et c'est merveilleux", sourit Sylvain Tesson. "Une bibliothèque, pour peu qu'on l'organise relativement thématiquement, elle apparaît comme un manteau d'Arlequin."

 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel