Brigitte : "Le succès, on l’a connu sur le tard, on n'a pas oublié"

  • A
  • A
Brigitte avec Aurélie (à gauche) et Sylvie en compagnie de Jean-François Piège au Clover grill. © Capture d'écran Twitter. Claire Dutronc/Europe 1
Partagez sur :

Le duo a partagé une balade parisienne avec Nikos Aliagas, en dévoilant leur quotidien et les grandes étapes de leur parcours musical.

INTERVIEW

Aurélie + Sylvie = Brigitte. Et il faut bien prononcer Brigitte et pas Les Brigitte, le duo y tient. Pour leur balade parisienne en compagnie de Nikos Aliagas, Aurélie Saada et Sylvie Hoarau ont fixé le rendez-vous au musée d'Orsay. "C’est certainement le lieu de Paris qu’on affectionne le plus. Il regorge de trésors. Il nous inspire. C’est même à la suite d’une expo ici qu’on a décidé de la couverture de notre premier album", expliquent les filles, avant de déambuler dans le musée.

L'Origine du monde. Devant une sculpture d'un David, puis Ophélia de Manet, le groupe stoppe devant L'origine du monde, le tableau de Gustave Courbet représente un sexe féminin en gros plan. "On voit la vérité. Nous ne nous voyons jamais comme ça. C’est à la fois la naissance, et la vie, et le désir", commente Aurélie. Sylvie ajoute : "Le clitoris vient d’apparaître dans quelques livres scolaires. Avant, ça n’existait pas. C’est assez émouvant de voir que Courbet était un précurseur et osait montrer le sexe de la femme." La nudité, les deux femmes l'ont explorée, notamment en appelant leur dernier album Nues.

 

"Le succès, on l'a connu sur le tard". Un choix assumé "parce que souvent quand on est nu, on ne se trouve pas très beau, vulnérable, fragile, on ne peut pas cacher nos défauts. C’est un album dans lequel on raconte l’intime, nos déboires, nos histoires, nos peines. Il est beaucoup axé sur la douleur et comment on la console", expliquent les filles, qui glissent comme une confidence avoir posé nu sur le papier de protection du vinyle. "On l’a fait parce que les corps de femmes qu’on voit  sont souvent des corps de femmes de 20 ans." Elles dépassent un peu, ou frôlent, les 40. "Le succès, on l’a connu sur le tard. On avait, chacune de notre côté, un projet qui n’a pas marché. On se rend bien compte de la chance qu’on a, on n’a pas oublié", expliquent les filles.

Le matin sport, l'après-midi, produits locaux. Attablées ensuite au Clover Grill, le restaurant de leur ami Jean-François Piège, elle s'émerveillent de la cuisine "chaleureuse, familiale" et "ludique" du chef. Lui aussi complimente la cuisine d'Aurélie, chez qui il dîne parfois le dimanche quand le duo rentre de tournée. Quand elles sont sur les routes, elles ont un rituel : "Le matin, on fait du sport, l’après-midi, on fait des courses, on achète des produits locaux. Des gaufres chez Méert à Lille, du nougat à Montélimar, des macarons à Amiens…On va de spécialité en spécialité", racontent-elles. Mais au-delà de leur table improvisée, le restaurateur apprécie le travail du duo, et surtout les paroles de leurs chansons : à travers elles, "on peut vous connaître. C’est tout simplement la vérité. La plus belle chose, c’est de donner de soi."

Un sentiment que partage une autre amie, Marie, qui a ouvert la boutique Modetrotter rue d'Aboukir et qui est leur dernière étape du jour. "Je sortais d'une dépression amoureuse et j'ai eu un soutien de mes copines incroyable. Quand j'ai entendu la chanson Palladium, j'ai eu l'impression qu'elle avait été écrite pour moi", confie l'amie. Brigitte l'avait dit d'entrée : l'album parle des peines et de comment les consoler.