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«Ici, c'est motus et bouche cousue» : 48 heures après l'assassinat d'Alain Orsoni, les langues ont du mal à se délier en Corse

La police près du cimetière de Vero, où a été assassiné Alain Orsoni, lundi 12 janvier. [Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP]

Deux jours après le meurtre d'Alain Orsoni durant les obsèques de sa mère, la Corse est toujours en état de sidération. Et c'est précisément le mode opératoire qui choque les habitants qui, de leur côté, ne sont pas très bavards sur ce drame.

Peu nombreuses sont les personnes qui ont accepté de parler au micro d'Europe 1 et encore moins face caméra. Toutes sont encore sidérées par l'assassinat de l'ancien chef indépendantiste corse, Alain Orsoni, tué d'une balle dans le cœur, ce lundi, alors qu'il assistait aux funérailles de sa mère. Et comme la Corse est une toute petite île, tout le monde se connaît ou presque et reste prudent lorsqu'il s'exprime.

"Ici, c'est motus et bouche cousue comme on dit, chacun ses affaires. Mais je ne suis pas étonné, on s'y attendait quand même", déclare discrètement un habitant.

"C'est la vendetta"

"Ça devait arriver", c'est un peu le sentiment général ici sur l'île, où tout le monde connaissait de nom et de réputation Alain Orsoni. "C'est une affaire de bandit, ils se tuent entre eux. Quand il y en a un qui est tué, il veut venger l'autre. C'est la vendetta", peut-on aussi entendre.

Sur l'île de Beauté, beaucoup s'interrogent sur une dérive mafieuse. Il y a de la résignation et des doutes. "Ça ne surprend plus parce que ça se produit relativement souvent. Mais pas à ce point, que ça se fasse dans un enterrement. Si quelqu'un a envie de parler, peut-être, mais il y a des tas d'affaires qui n'ont jamais été résolues, on ne sait pas exactement ce qui s'est passé. Il y a une omerta ici, donc ça ne se produira pas pour moi."

Si la piste du grand banditisme semble privilégiée, le mobile reste à déterminer. Est-ce une vengeance, une lutte de clans, la volonté d'un groupe criminel de marquer les esprits ? Seule certitude, l'homme qui a appuyé sur la gâchette lundi était un tireur aguerri.