Amazon veut faire porter des bracelets électroniques à ses employés

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Amazon veut faire porter des bracelets électroniques à ses employés
Le brevet du bracelet électronique déposé par la firme permet de "guider" un employé avec des vibrations.@ David Ryder / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Sensé guider le salarié via des vibrations, l'idée du bracelet électronique fait débat, notamment en Italie.  

Amazon a-t-il été trop loin ? Quelques jours après avoir ouvert son premier supermarché sans aucune caisse aux Etats-Unis, la firme a breveté un système électronique lui permettant, via un bracelet, de détecter les mouvements des mains de ses salariés dans ses entrepôts pour suivre leur travail, une idée qui suscite un tollé en Italie et qui a beaucoup fait réagir la classe politique outre-Alpes.

"Guider" l'employé avec des vibrations. Ce système de "traçage des mouvements des mains d'un employé pourrait être utilisé pour surveiller la réalisation de tâches assignées" comme l'inventaire et la préparation des commandes, expliquent les documents officiels relatifs à ce brevet, disponibles sur internet et révélés par le site spécialisé Geekwire. L'appareil est "prévu pour être porté près de la main et pour émettre des vibrations" pour guider le salarié, poursuit le document. 

"La spéculation à propos de ce brevet est erronée", a réagi une porte-parole d'Amazon. "Chaque jour, dans n'importe quelle entreprise dans le monde, les employés se servent de scanners à main pour faire l'inventaire et préparer les commandes", a-t-elle ajouté. "Placer ces équipements plutôt sur le poignet des employés leur permettrait d'avoir les mains libres et ne pas avoir les yeux rivés sur des écrans", fait valoir Amazon, estimant que si cette idée devait être un jour mise en œuvre, elle améliorerait l'organisation pour les employés travaillant dans la préparation des commandes.

L'idée ne passe pas en Italie. Le concept a déjà suscité des réactions virulentes en Italie, notamment de la part du chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, qui a estimé que "le défi, c'est un travail de qualité et non pas le travail avec un bracelet". "Homme ou esclave? Je veux restituer la dignité du travail, certaines multinationales exploitent, pressent et ensuite mettent au rebut. Ca suffit!", a réagi de son côté, le leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini. Ce n'est pas la première fois qu'Amazon rencontre quelques problèmes en Italie : lors du Black Friday, les salariés italiens de la frime avaient lancé un appel à la grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Une levée de bouclier qui est intervenue quelques jours seulement avant qu'une enquête du fisc italien oblige Amazon à verser 100 millions d'euros, pour solde de tout compte, après une enquête pour fraude fiscale.

Une culture d'entreprise "néfaste". Le géant du commerce en ligne a depuis longtemps la réputation d'entretenir des conditions de travail difficiles dans ses entrepôts et centres de distribution pour augmenter la productivité des employés et garantir des livraisons rapides aux clients. En 2015, le New York Times décrivait une culture d'entreprise "néfaste" chez Amazon, destinée à augmenter la productivité des employés, une description rejetée à l'époque par le patron du groupe Jeff Bezos. Amazon a publié, début février, ses résultats trimestriels en forte hausse, affichant un bénéfice net de 1.856 milliard de dollars et un chiffre d'affaires de 60.45 milliards.