Laboratoire d'explosifs à Villejuif : les deux suspects projetaient un attentat, l'un d'eux était en relation avec Rachid Kassim

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Les deux suspects interpellés après la découverte d'un laboratoire d'explosifs à Villejuif ont avoué dimanche avoir préparé un attentat à la bombe inspiré du groupe État islamique.

Les deux suspects interpellés après la découverte d'un laboratoire d'explosifs à Villejuif, dans le Val-de-Marne, ont été mis en examen et écroués dimanche. Ils projetaient de commettre un attentat à l'explosif, a affirmé le procureur de la République de Paris François Molins, qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse. Une information judiciaire a été ouverte contre eux des chefs d'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes, d'atteinte aux personnes et de fabrication d'engins explosifs, détention et transport de substances ou produits explosifs, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Un attentat à la bombe. "Leur projet était la confection d'une bombe pour commettre un attentat", a affirmé le magistrat après la confrontation des deux hommes radicalisés, le propriétaire de l'appartement et l'une de ses connaissances fichée S. Avec les quantités de produits chimiques retrouvés par les enquêteurs, les deux suspects auraient pu confectionner entre trois et quatre kilos de TATP, un explosif utilisé lors de plusieurs attentats ces dernières années en Europe. Les deux hommes espéraient en fabriquer dix kilos.

Des recettes de fabrication sur Internet. Les deux hommes avaient stocké les produits dans un box voisin. Ils n'avaient aucune formation en matière de fabrication d'explosifs. L'un était vendeur sur un marché, l'autre chômeur de longue durée. Ils ont trouvé les recettes de fabrication sur Internet. Le propriétaire de l'appartement les avait testées sur la terrasse de l'appartement. "Il avait réalisé un premier essai fin juillet 2017 et un second deux jours avant son arrestation", a expliqué François Molins. 

Le matériel informatique exploité. Sur l'une des clés USB retrouvées sur les lieux figuraient des vidéos tournées sur la terrasse de l'appartement "comportant des séquences mettant en scène des essais d'explosion", a indiqué François Molins. L'exploration de l'ordinateur découvert dans l'appartement a en outre permis de retrouver la trace de consultations Internet de type "chimie", "explosifs" ou encore "État islamique", et aussi de jeux vidéo de simulation de conduite, notamment de véhicules poids lourds, a révélé le magistrat. Dans le matériel informatique du deuxième homme interpellé se trouvaient notamment des vidéos de propagande de l'État islamique en nombre important.

Les militaires pris pour cible ? Si les deux hommes projetaient un attentat en France, leur plan n'était toutefois pas encore défini, a ajouté le procureur : "aucun projet n'était établi à ce stade, même si l'un d'entre eux a admis qu'ils avaient pensé à s'attaquer à des militaires de l'opération Sentinelle", a poursuivi François Molins. "Ils avaient convenu de commettre un attentat sur le territoire national pour se venger de la coalition", a-t-il ajouté. Les deux hommes "ont admis avoir voulu rejoindre l'EI en 2015", sans toutefois le faire par manque de "contacts" et de "moyens financiers", a encore déclaré François Molins.

En lien avec Daech. Ali Mohammed R., un Franco-Algérien de 36 ans et propriétaire de l'appartement qui hébergeait le laboratoire clandestin, était jusqu'ici inconnu des services de police et de renseignement.  Frédérique L., un converti à l'islam de 37 ans, est quant à lui fiché S en raison de sa radicalisation. 

Ce dernier a été "en relation directe au mois d'août 2016 avec Rachid Kassim, djihadiste français ayant rejoint (le groupe) l'État islamique dans la zone irako-syrienne, via son profil Facebook", a ajouté le procureur. Rachid Kassim, vraisemblablement tué en février dans une frappe aérienne américaine en zone irako-syrienne, est soupçonné d'être l'instigateur de plusieurs attentats ou tentatives d'attentats djihadistes en France, notamment ceux de Magnanville et de Saint-Etienne-du-Rouvray. 


Un lien avec les attentats en Catalogne ?  "Aucun lien n'a pour l'instant été mis en évidence" entre ces deux suspects et les auteurs des récents attentats en Catalogne, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP, alors que le ministre de l'Intérieur n'a pas exclu jeudi la possibilité que de tels liens existent. Des investigations sont en cours pour déterminer pourquoi plusieurs membres de cette cellule espagnole se trouvaient en région parisienne les 11 et 12 août, moins d'une semaine avant les attentats des 17 et 18 août à Barcelone et Cambrils.