Kim Kardashian raconte son braquage : "J'ai pensé qu'il allait me tirer dessus"

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Kim Kardashian raconte son braquage : "J'ai pensé qu'il allait me tirer dessus"
Kim Kardashian, qui ne veut plus se rendre à Paris, a été auditionnée par une juge française à New York, en février. @ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Europe 1 a pris connaissance de l'audition de la star par une juge d'instruction française, début février à New York.

"Ce n'est pas un endroit pour moi sur le plan émotionnel." C'est ainsi que Kim Kardashian a justifié son refus de revenir à Paris pour être entendue par une juge d'instruction. "Je ne me sentais pas en sécurité, j'avais peur", a encore expliqué la star américaine, victime d'un braquage dans l'hôtel particulier où elle résidait lors de son dernier séjour en France, en octobre. Début février, la jeune femme a donc été auditionnée par la juge française à New York, dans les bureaux du Procureur fédéral, en présence de son avocat français, Jean Veil. Europe 1 a pu consulter les douze pages de transcription de cet entretien, qui a duré près de sept heures. 

"J'ai compris que quelque chose n'allait pas". "Je suis venue en France pour la Fashion Week à Paris, je crois que je suis restée cinq jours", se souvient Kim Kardashian, interrogée par la juge Armelle Briand. Dans la nuit du 2 au 3 octobre, la star rentre peu après 1 heure du matin, dans son hôtel discret du quartier de la Madeleine. Elle y occupe un appartement sur deux étages, dans le plus grand secret. Stéphanie, son assistante, Kourtney, sa sœur, et Pascal, son garde du corps, tentent de la convaincre de les accompagner en boîte de nuit, en vain. "Je suis montée, j'ai enlevé ma robe, j'ai mis un peignoir et je suis allée dans mon lit pour regarder la télé sur mon ordinateur", raconte la jeune femme. Sa styliste, Simone, dort à l'étage du dessous.

C'est ce qui est le plus terrible, de ne pas savoir ce qui va se passer.

Un peu plus d'une heure plus tard, l'épouse du rappeur Kanye West entend des pas dans l'escalier. "Du fait que je n'ai pas entendu sonner à la porte et que je n'ai pas ouvert, je pensais que c'était ma sœur qui rentrait", explique-t-elle. "J'ai dit 'hello', mais comme personne ne m'a répondu, j'ai compris que quelque chose n'allait pas." Depuis son lit, la star aperçoit alors deux hommes encagoulés, "en tenue de police, aux prises avec un autre homme, le concierge." Elle tente d'attraper son téléphone pour "composer le 911" (le numéro d'urgence aux Etats-Unis, ndlr), mais l'un de ses agresseurs le lui arrache des mains. "Je comprenais que j'allais mourir", assure-t-elle - L'audition consultée par Europe 1 est intégralement en français : les propos rapportés sont ceux traduits par un interprète, sur place. "C'est ce qui est le plus terrible, de ne pas savoir ce qui va se passer".

"Ils veulent votre bague". "Les deux gars, en anglais mais avec un accent français, ont dit 'ring, ring', en montrant leurs doigts", poursuit Kim Kardashian. "Je me suis figée, j'ai dit 'what, what ?'. Le concierge m'a dit, en anglais, 'ils veulent votre bague'." Tandis qu'elle leur désigne le bijou, posée sur sa table de nuit, la jeune femme remarque un rapport de domination entre ses deux agresseurs, qu'elle surnomme "le grand" et "le petit". "Il semblerait que celui qui avait l'arme (...) disait à l'autre ce qu'il devait faire, et c'est l'autre qui faisait tout." Et, plus tard : "Les deux criaient en français et semblaient perdus sur ce qu'ils devaient faire (...) J'ai pensé qu'il (le grand, ndlr) allait me tirer dessus." 

Comme si j'allais avoir des ennuis si je ne me taisais pas.

"Le grand", donneur d'ordres, demande de l'argent : "money, money money !". Le plus petit semble tenter de calmer l'otage, en larmes. "Il a parlé d'un ton rassurant, tout en disant 'chut' d'un ton ferme, comme s'il allait avoir des ennuis avec l'autre si je ne me taisais pas." Les braqueurs s'emparent d'une vingtaine d'articles de joaillerie, dont trois montres, ainsi que d'une somme en liquide, "peut-être mille dollars". En apercevant le butin, "le grand" semble "excité", selon Kim Kardashian. Son complice se charge de lui bâillonner la bouche, attache sommairement ses mains et ses chevilles avec de l'adhésif et des menottes "en plastique". "Une main sous les jambes et une autre dans le dos", il la porte "comme un bébé" et la dépose sur le sol de la salle de bains. "Après, ils sont partis en courant." La jeune femme assure être parvenue à rompre le ruban adhésif en utilisant "l'angle du lavabo". L'arrivée des "vrais" agents de police ne l'a pas rassurée : "ils avaient la même tenue que les autres".

"Un coup organisé de l'intérieur". Pour Kim Kardashian, cette agression ne peut être qu'un "coup organisé de l'intérieur". La jeune femme et son époux avaient recours au même "service de chauffeur à Paris" depuis plusieurs années. "Quelques semaines avant notre arrivée, ils ont envoyé un texto à mon assistante (...) pour proposer un service de transport gratuit, ce qu'ils n'avaient jamais fait auparavant", note-t-elle. "Ce serait logique qu'ils aient fait un coup monté en nous proposant ce service gratuit pour être sûrs que l'on soit avec eux. Je savais que le renseignement venait de l'intérieur et qu'ils étaient au courant de mes déplacements." À l'issue de sa garde à vue, le chauffeur de la star a été remis en liberté sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui. Le frère de cet homme a en revanche été mis en examen pour complicité de vol avec arme et de séquestration, et association de malfaiteurs. Les deux braqueurs présumés, confondus par leur ADN, et un troisième complice ont également été arrêtés et mis en examen.

C'est devenu comme un fardeau d'avoir la responsabilité de bijoux aussi chers

Depuis son agression, une "terreur totale", Kim Kardashian s'estime enfin sortie d'une "bulle", dans laquelle elle se sentait en sécurité. "Ça m'a fait comprendre que je devais changer un certain nombre de choses dans la façon dont je menais ma vie", explique celle qui envisage de revenir à Paris dans "cinq ou six ans". "Je pense que ma perception des bijoux maintenant, c'est que je n'y tiens plus comme avant", souffle-t-elle. "En fait, je trouve que c'est même devenu comme un fardeau, d'avoir la responsabilité d'avoir des bijoux aussi chers."