Calais : une chaîne humaine pour exiger le démantèlement rapide de la "Jungle"

  • A
  • A
Calais : une chaîne humaine pour exiger le démantèlement rapide de la "Jungle"
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
Partagez sur :

Commerçants et acteurs économiques du Calaisis doivent mener une opération coup de poing lundi matin pour exiger le démantèlement rapide de la "Jungle".

Les commerçants et acteurs économiques de Calais doivent mener lundi matin une double-opération escargot et former une chaîne humaine pour faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir un démantèlement au plus tôt de la "Jungle", accusée de fragiliser l'économie de la région.

Une opération coup de poing. En dépit de la visite du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve vendredi à Calais et de l'annonce du démantèlement prévu du plus grand bidonville de France, cette opération coup de poing, la première de ce type organisée depuis le début de la crise migratoire, a été maintenue. "Vous aimez votre ville, votre port. Vous désirez que la situation change à Calais. Malgré les annonces faites par le ministre de l'Intérieur, la sécurisation n'est pas assurée. L'urgence n'est pas traitée, nous maintenons la manifestation", a indiqué le Grand rassemblement du Calaisis sur sa page Facebook, qui se présente comme un mouvement "citoyen et apolitique".

80 camions mobilisés. A 6h30, des agriculteurs et des transporteurs routiers doivent se rassembler à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et à Loon-plage (Nord), près de Dunkerque, pour démarrer à 7h30 une opération escargot avec comme destination Calais. Selon les organisateurs, près de 80 camions seront mobilisés ainsi qu'une centaine de tracteurs, en comptant les deux opérations escargots. "Certes, M. Cazeneuve a annoncé le démantèlement, mais on a besoin d'une sécurisation immédiate. Si le démantèlement a lieu dans trois mois, il va y avoir pendant trois mois de nouvelles agressions de transporteurs ou des violences sur les particuliers. Il faut traiter au plus rapide", a déclaré David Sagnard, président de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) du Pas-de-Calais.

Une chaîne humaine. A 9h, une chaîne humaine composée des commerçants de Calais et des employés du port devrait se former à proximité du stade de l’Épopée, qui est situé non loin de la rocade portuaire et de la "Jungle" de Calais. Entre 300 et 500 personnes pourraient y participer, selon Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif des entreprises et commerces du Calaisis. Vers 10h, les camions et les tracteurs, dont certains seront équipés de remorques agricoles, doivent "ramasser" les manifestants formant la chaîne humaine pour les intégrer à leur convoi qui devrait s'arrêter non loin de la sortie menant au tunnel sous la Manche, avec comme objectif de bloquer l'autoroute A16.

L'A16 déconseillée. En prévision de ces perturbations, la Préfecture du Pas-de-Calais invite les usagers de la route à ne pas emprunter l'autoroute A16 entre Boulogne et Dunkerque au cours de la journée, et de ne circuler que sur les réseaux national, départemental et communal. Elle recommande "d'éviter les déplacements non nécessaires vers le Calaisis" au cours de la journée. Vendredi, Bernard Cazeneuve avait annoncé la "fermeture la plus rapide possible" du camp de la Lande (le nom officiel de la "Jungle"), où vivent entre 6.900 migrants d'après la préfecture et plus de 9.000 selon les associations, sans donner de calendrier.