Primaire PS : un premier débat poussif

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Primaire PS : un premier débat poussif
Le premier débat de la primaire de la gauche a lieu jeudi soir, à partir de 21 heures.
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Les sept candidats de la primaire débattent depuis 21 heures lors de leur premier grand oral, diffusé sur TF1.

L'ESSENTIEL

Top départ pour le marathon médiatique. Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias, candidats à la primaire de la gauche, participent jeudi soir au premier des trois débats organisés avant l'élection. 

LES ENJEUX DU DEBAT

  • Présenter les programmes. Diffusé en direct sur TF1 à partir de 21 heures, ce grand oral voit les sept concurrents s'affronter sur le social et l'économie, le terrorisme et la sécurité, et enfin la République, la laïcité et l'islam. Au total, chaque participant a entre 17 et 18 minutes de temps de parole. Ils disposent aussi d'1 minute 20 de présentation chacun, et du même temps pour conclure.

Suivez le débat en direct minute par minute : 

23h35. L'heure de conclure. Premier à conclure, Benoît Hamon cible "la droite totale de François Fillon et l'extrême droite dangereuse de Marine Le Pen". "Face à cela, il faut une gauche qui s'assume. Une gauche compacte, qui propose un imaginaire puissant." Jean-Luc Bennahmias, lui, appelle de nouveau de ses vœux le formation d'une "grande alliance, d’arc écologiste et progressiste, digne du Conseil national de la résistance", allant de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron. 

"Notre ennemi, c'est le défaitisme", prédit Arnaud Montebourg qui tend la main aux "déçus de ce quinquennat". Du côté de Manuel Valls, c'est la gravité qui prime. L'ex-Premier ministre rappelle qu'il s'agit "d’élire le président de la République de la 5ème plus grande puissance mondiale, dans le monde de Trump, de Poutine, d’Erdogan". Vincent Peillon quant à lui s'inscrit dans le sillage de Blum, Mendès-France, Mitterrand et Jospin. "Je n'ai outré aucune position, je n'ai défié personne. Je veux être le président de la République socialiste qui gouvernera pour tous les Français."

Sylvia Pinel se définit comme incarnant une "gauche ambitieuse, réaliste, moderne et responsable", tout en glissant, une nouvelle fois, qu'elle est la seule femme du lot. Enfin, François de Rugy, dernier à s'exprimer, appelle les électeurs à ne pas s'enfermer "dans des choix dictés par le conformisme des partis ou de certains médias".

23h17. Moderniser la démocratie. François de Rugy est le seul des sept candidats à vouloir conserver l'article 49.3 pour tous les textes législatifs. Mais refuse de s'appesantir sur le sujet. "Le scandale démocratique est d'abord dans une Assemblée nationale qui ne représente plus la Nation", estime-t-il. Lui veut rendre le vote obligatoire et reconnaitre le vote blanc. Sur cette dernière proposition, il est rejoint par Benoît Hamon. L'ancien ministre de l'Éducation veut aussi défendre "le principe d'un 49.3 citoyen", c'est-à-dire "la possibilité d'obtenir qu'un texte puisse être soumis à référendum" lorsqu'il est réclamé par un certain nombre de Françaises et de Français. Vincent Peillon suggère quant à lui la proportionnelle intégrale pour les élections législatives dans les grandes régions.

23h10. Bennahmias fait le show. Alors que sont abordées les questions d'éducation, Jean-Luc Bennahmias se lâche. "Oui, j'ai un programme", se sent-il obligé de préciser. Avant de balancer des traits d'humour. "C'est très mauvais, je sais", s'empresse-t-il de préciser. En attendant, les propositions concrètes tardent à venir.



23h05. Se retirer pour faire gagner la gauche ? Invités à répondre brièvement sur un éventuel retrait en cas de mauvaise position derrière Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, tous, sauf Jean-Luc Bennahmias qui ne veut pas répondre, réfute cette solution. "Imaginez qu’il y ait trois millions de votants, nous aurons un mandat de rassembler l’ensemble des gauches", estime Arnaud Montebourg. "Celui ou celle qui sera désigné par cette primaire, je ne veux pas qu’il dise que son premier rendez-vous soit avec Jean-Luc Mélenchon. C’est l’agneau qui invite le loup à dîner. La seule perspective, c’est de nous adresser aux Français", embraye François de Rugy.

Vincent Peillon glisse un tacle à françois Hollande. "La plus grande erreur de ce quinquennat, c’est d’avoir été sectaire, donc brutal. Nous n’avons pas accepté la main de François Bayrou. Nous avons gouverné sans les communistes. Une partie entière du PS s’est senti marginalisée. Et les Verts sont partis au bout de deux ans. On ne peut gagner qu’à partir du coeur de la gauche, c’est-à-dire le Parti socialiste. Le PS existe depuis plus d’un siècle et il a amené la plupart des grades réformes", estime l'ancien ministre de l'Education. "Jean-Luc Mélenchon a été 20 ans au PS. On ne peut pas lui parler ? Emmanuel Macron a été deux ans ministre. On ne peut pas lui parler ?", questionne-t-il. "La présidentielle, ce n’est pas un concours hippique, le jeu des petits chevaux. Chacun devra prendre ses responsabilités et tenir compte de la réussite de cette primaire", affirme Manuel Valls.  

22h52. Valls se défend sur la déchéance de nationalité. "Je suis né à Barcelone, je suis naturalisé. Je sais ce que m’a apporté ce pays. Ici, je suis Charlie et je serai toujours Charlie", lance l'ancien Premier ministre. "Nous n’aurions pas dû nous diviser sur une question aussi importante. Et je rappelle que la déchéance de nationalité existe toujours", poursuit-il. Benoît Hamon répond. "Moi aussi, nous tous, je suis Charlie. Et beaucoup de ceux qui étaient concernées par la déchéance de nationalité, les bi-nationaux, étaient Charlie, parce qu’elle inscrivait dans la Constitution une différence entre des Français. Cette mesure a heurté des millions de nos compatriotes", insiste l'ex-ministre. 

22h39. Satisfecit à Hollande sur le terrorisme.  Le ton se fait grave quand est évoqué le terrorisme. tous reconnaissent qu'en la matière, le président de la République et ses gouvernements ont bien agi. "Nous pouvons l’en remercier. La France s’est tenue très solidement sur ses pieds", estime ainsi Arnaud Montebourg. Pour autant, quelques différences apparaissent quant aux solutions. Benoît Hamon estime que désormais, l'arsenal législatif suffit et qu'il faut lever l'état d'urgence. Arnaud Montebourg plaide lui pour le substituer "un état de protection permanente". François de Rugy veut mettre le paquet sur le renseignement et sortir ces questions des débats politiques. Sylvia Pinel, elle, veut mettre l'accent sur la prévention contre la radicalisation. 

22h31. Pudeur mais fermeté sur les exécutions de terroristes commandées par Hollande. Quand sont évoquées les exécutions commandées par le président de la République de terroristes, divulguées dans un livre, certains refusent de répondre, comme Sylvia Pinel ou Vincent Peillon, mais d'autres assument. "C’est parfois nécessaire. J’ai toujours été pour la transparence, mais il y a une limite : la sécurité'", dit François de Rugy. "Nous sommes en guerre, il faut protéger les Français. J’ai été au côté du président de la République. Ce qui doit être fait doit être fait, ce qui doit être tenu secret doit être tenu secret", qui rappelle opportunément qu'il a de l'expérience. "S’il faut prendre ce genre de de responsabilités, j’y suis prêt bien entendu", explique enfin Arnaud Montebourg.

22h16. Montebourg et Hamon contre Valls, Rugy et Pinel sur la loi Travail. Manuel Valls est interrogé sur la loi Travail. Après avoir un temps éludé en estimant que c'est un vieux débat, qui n'intéresse pas les Français, l'anciein Premier ministre défend le texte. "J’entends évoquer l’idée même d’abrogation. Abroger quoi ? la négociation dans l’entreprise ? Le compte personnel d’activité ? Le compte pénibilité ? La garantie jeunes ? Cette loi est une avancée", lance-t-il. Ça ne convainc pas Benoît Hamon. "Il y a des dispositions qui facilitent le licenciement et qui vont fragiliser les salariés. Je veux rétablir la hiérarchie des normes", explique-t-il. "On pourra conserver le droit à la déconnexion ou la garantie jeune. Mais parce que cette loi est passée sans légitimité démocratique, il faut abroger la loi Travail et en faire une vraie, qui se préoccupe des améliorations pour les salariés", insiste l'ex-ministre.

Idem pour Arnaud Montebourg. "J’abrogerai la loi El-Khomri. Elle pose des problèmes dans sa genèse. Il y a eu une sorte de coup de force avec le 49.3. Elle organise la concurrence dans un même secteur à la baisse des rémunérations des salariés"n estime le chantre du "Made in France".  En revanche, Sylvia Pinel et François de Rugy préfèrent insister, comme Manuel Valls, sur les avancées du texte. 

22h03. La santé s'invite dans les débats. Interrogé sur les déserts médicaux, François de Rugy refuse toute mesure "coercitive" à l'égard des médecins pour les pousser à s'installer là où les professionnels manquent. En revanche, "il y a des professionnels de santé qui pourraient avoir une formation complémentaire de deux ans payée par l'État. En contrepartie, ils devraient s'installer dans un endroit où un généraliste prend sa retraite et n'est pas remplacé", explique-t-il. Ces professionnels seraient par exemple des infirmiers ou des pharmaciens.

Sylvia Pinel, elle, propose notamment d'instaurer la vente des médicaments à l'unité. Quant à Vincent Peillon, il s'attaque au programme de François Fillon. "Les Français sont attachés à la Sécurité sociale. Personnellement, je ferai des efforts à destination de l'hôpital public immédiatement. Aucun de nous ici n'acceptera que les Français puissent se soigner en fonction de leurs capacités contributives."

21h55. Arnaud Montebourg veut taxer les banques. Comment financer les projets d'investissements défendus par la quasi intégralité des candidats ? Arnaud Montebourg a sa petite idée sur la question. "Le seul impôt que je m'autorise à augmenter, c'est celui des banques. Nous allons leur demander de financer mon plan de bataille contre le chômage en leur demandant 5 milliards chaque année."

21h45. (Petit) coup de gueule de Jean-Luc Bennahmias. Jean-Luc Bennahmias s'énerve sur le retard de temps de parole d'ores et déjà pris par les "trois petits candidats", lui, Sylvia Pinel et François de Rugy. "Il faut remettre les pendules à l'heure", s'exclame-t-il.

21h41. Politiques pour l'emploi et fiscalité. Le débat glisse vers la lutte contre le chômage. La majorité des candidats sont d'accord sur l'idée qu'il faille allier, comme le propose François de Rugy, "soutien aux entreprises et soutien à la consommation par le pouvoir d'achat". Arnaud Montebourg, fidèle à ses idées keynésiennes, suggère une "relance économique et écologique", estimant que l'austérité "s'attaque au pouvoir d'achat, ce qui tue l'économie". 

Pour préserver le pouvoir d'achat des plus modestes, Vincent Peillon mise sur la fiscalité, proposant un "bouclier fiscal pour les plus modestes" qui, même s'ils ne paient pas l'impôt sur le revenu, sont concernés par les impôts locaux. Manuel Valls, lui aussi, souhaite "baisser l'impôt pour les couches moyennes et populaires". "Nous avons assumé" une hausse de la fiscalité jusqu'en 2014, "parce qu'il fallait rétablir les comptes publics", précise l'ex-Premier ministre. Désormais, il veut accentuer la baisse et revenir sur la refiscalisation des heures supplémentaires, décidée sous François Hollande. "Quand on s'est trompé, il faut reconnaître une erreur."

21h28. Le revenu universel vient sur la table. Jean-Luc Bennahmias s'exprime sur le revenu universel, thème majeur de la campagne. "La proposition de revenu universelle est sur l'ensemble de la société, pas uniquement sur les chômeurs", explique-t-il. "Pour arriver à cela, c'est progressif, c'est un ou deux mandats." Selon lui, cette subvention, versée à tous sans condition de ressources, est "une aide à l'entreprenariat, aux jeunes de moins de 30 ans qui n'ont pas forcément envie d'avoir un CDI à jamais". Benoît Hamon, autre défenseur de ce dispositif, abonde sur l'idée d'une progressivité. "Le revenu universel ne peut se mettre en oeuvre que par étape. La première, ce sera un revenu universel pour les plus pauvres [qui sera aussi] distribué aux 18-25 ans". 

Pour Vincent Peillon en revanche, cette "belle idée" "n'est pas praticable". "Cela coûte 400 milliards d'euros, qui les paiera ?" Manuel Valls quant à lui, "veut une société du travail". À l'idée de revenu universel, il substitue celle de "revenu minimum décent", fusion des minima sociaux à hauteur de 800 euros par mois, également versé aux moins de 25 ans.

21h20. L'heure du bilan. Interrogé sur le mot qu'ils utiliseraient le quinquennat, la plupart des candidats à la primaire ont choisi de se montrer critique. "Inachevé" pour Benoît Hamon, le mandat de François Hollande a été "contrasté" pour François de Rugy. Seuls Manuel Valls et Sylvia Pinel se sont distingués, le premier appelant à se montrer "fier" du bilan tandis que la seconde a estimé qu'il "convient de [le] porter".

21h17. Jean-Luc Bennahmias veut "défendre l’intérêt général". Le président du Front démocrate utilise l’anaphore avec "défendre l’intérêt général". "C’est faire le bilan de ce qui a été efficace et inefficace. Inventer des solutions nouvelles et en finir avec notre monarchie républicaine, se souvenir que notre planète est vivante", énumère-t-il. 

21h14. Chacun son créneau. François de Rugy, président du Parti écologiste s'est immédiatement positionné en tant que tel. "Mon projet, c'est celui de l'écologie concrète, pragmatique, de bon sens", a-t-il déclaré. Il a également appelé à ne pas reproduire les déchirements qui ont plombé le mandat de François Hollande. Sylvia Pinel, elle, a mis en avant son appartenance au parti radical de gauche, "le plus vieux parti de France mais qui reste à l'avant-garde pour de nouvelles libertés". Quant à Arnaud Montebourg, il a appelé à "unir les gauches" et s'opposer au "candidat libéral brutal qu'est François Fillon". 

21h13. "Je veux proposer un chemin", dit Hamon. "Nous vivons des bouleversements inédits. La manière dont nous consommons, dont nous produisons, met la planète en danger. Le travail se raréfie. Et nous sommes moins bien équipés pour affronter ces transitions. Il faut tourner la page avec la vieille politique, les vieilles recettes. Je veux proposer un chemin", explique l’ancien ministre de l’Economie sociale et solidaire. Il cite le revenu universel d’existence et la mise en place d’une 6ème République. 

21h11. Peillon : "je veux rassembler la gauche". "La gauche est divisée, mais la France l’est aussi. Je veux rassembler la gauche", explique l’ancien ministre de l’Economie, qui s’en prend aussi au candidat de droite. "M. Fillon s’attaque un jour à la laïcité, à la Sécurité sociale, il se fait adouber un jour par M. Poutine, un jour par Bachar al-Assad. C’est une honte"

21h09. "J'ai l'expérience", dit Valls. En vertu d’un tirage au sort, Manuel Valls lance les hostilités. Sans surprise, l’ancien Premier ministre met en avant son expérience. "Selon tous les pronostics, la gauche serait éliminée du second tour de l’élection présidentielle. Notre pays n’aurait que deux options : l’extrême droite ou la droite dure. Moi, je le refuse. J’aime la France, elle m’a tout donné. J’ai été maire d’Evry, ministre de l‘Intérieur, Premier ministre. Gouverner, c’est difficile. J’ai l’expérience",n lance l'ex-Premier ministre. 

20h52 : Les candidats sont en place. Les sept participants sont arrivés sur le plateau de TF1 et ont pris place pour le débat. Le placement a été tiré au sort, tout comme l'ordre de prise de parole.