Soupçonné de "détournements de fonds publics", Michel Mercier et ses filles ont été entendus par la police judiciaire

  • A
  • A
Soupçonné de "détournements de fonds publics", Michel Mercier et ses filles ont été entendus par la police judiciaire
Michel Mercier a été entendu par les enquêteurs.@ FRANCOIS GUILLOT / AFP
Partagez sur :

Michel Mercier est soupçonné d'avoir rétribué l'une de ses filles comme assistante parlementaire au Sénat pendant deux ans dans ce qui serait un emploi fictif.

Une semaine après l’ouverture d’une enquête pour "détournements de fonds publics" visant Michel Mercier, ex-Garde des sceaux, et ses deux filles ont été entendus mercredi par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (Oclciff), selon les informations d'Europe 1.

Entendus comme "témoins libres". L'ancien garde des Sceaux et ses deux filles "ont été entendus simultanément comme témoins libres, sans être confrontés", "pendant sept à dix heures" dans les locaux de l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) à Nanterre a indiqué à l'AFP Me André Soulier.

Michel Mercier est soupçonné, à la suite de révélations du Canard Enchaîné, d’avoir rétribué l’une de ses filles comme assistante parlementaire au Sénat pendant deux ans dans ce qui serait un emploi fictif. Nommé le 2 août au Conseil constitutionnel en remplacement de Nicole Belloubet, désormais ministre de la Justice, Michel Mercier a renoncé mardi à y siéger en raison de cette enquête.

Des emplois supposés fictifs. Michel Mercier avait dans un premier temps multiplié les justifications, rejetant toute "intention frauduleuse", et annoncé qu'il remettrait les travaux réalisés par sa fille au Sénat "afin de démontrer l'effectivité de l'emploi". Selon le journal satirique, le sénateur MoDem du Rhône a recruté une de ses filles, Véronique, entre 2003 et 2012 et employé sa seconde fille, Delphine, à mi-temps d'août 2012 à avril 2014, pour l'assister au Palais du Luxembourg. Les enquêteurs s'interrogent sur la réalité de leur travail d'assistantes parlementaires et sont chargés par le PNF de mettre au jour un éventuel "détournement de fonds publics".

Selon le Canard, Delphine Mercier habitait alors Londres, alors que son lieu de travail était Paris. Lors des auditions, "nous avons fourni la liste de ses déplacements à Paris pendant cette période" pour effectuer ses missions, a expliqué l'avocat.