Débat de la droite : Sarkozy interrogé sur Takieddine : "une indignité, une honte"

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Interrogé par David Pujadas sur les affirmations de Ziad Takieddine selon lequel il aurait reçu des valises de billets, l’ancien président a vertement répondu au journaliste, jeudi soir. 

Nicolas Sarkozy n’a pas apprécié, c’est peu de le dire, d’être interrogé sur Ziad Takieddine jeudi soir lors du troisième débat de la primaire de la droite, diffusé sur Europe 1. Alors que l’homme d’affaires franco-libanais a affirmé ces derniers jours avoir transmis des valises de billets venus de Libye à l’ancien président et à Claude Guéant, David Pujadas, le journaliste de France 2, a posé la question qui fâche. Et la réponse a été cinglante : "quelle indignité !", a lancé  Nicolas Sarkozy.

L’ancien chef de l’Etat ne visait pas là Ziad Takieddine, mais bien son interlocuteur. "Nous sommes sur le service public. Vous n’avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison ? Qui a été condamné à d’innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur ? Ce n’est pas l’idée que je me fais du service public. C’est une honte ", a-t-il insisté.

Vous n’avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison ?

Mardi matin, dans un entretien diffusé par Mediapart, l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, mis en examen dans le dossier Karachi, assurait avoir transporté fin 2006-début 2007 entre la Libye et la France trois valises contenant cinq millions d'euros en espèces. Des fonds qu'il dit avoir remis une fois à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et candidat, et les deux autres fois à son directeur de cabinet de l'époque, Claude Guéant. Depuis lors, le sulfureux homme d'affaires a été entendu, mardi et jeudi, en audition libre par les enquêteurs de l'office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) à Nanterre. Il a "confirmé" devant les enquêteurs avoir remis des valises d'espèces à Nicolas Sarkozy et son camp avant la présidentielle de 2007, sans toutefois prouver que l'argent était destiné au financement de la campagne.

L'ancien chef de l'Etat a opposé mercredi un démenti formel à ces accusations, dénonçant "une manoeuvre nauséabonde pour interférer dans la primaire de la droite et du centre" en vue de la présidentielle de 2017 à quelques jours du premier tour de la primaire.