Qui est encore sarkozyste aujourd’hui ?

  • A
  • A
Qui est encore sarkozyste aujourd’hui ?
@ AFP
Partagez sur :

Les récentes prises de distances des candidats Républicains élus aux régionales avec Nicolas Sarkozy interrogent : mais qui soutient encore activement l’ancien chef de l’Etat ?

Ils ne sont plus très nombreux à se déclarer ouvertement sarkozyste. Et depuis les régionales, les choses se sont encore gâtées pour l’ancien chef de l’Etat. Parmi les nouveaux présidents de région, certains ont clairement pris leur distance avec la ligne prônée par Nicolas Sarkozy. Alors qui soutient encore le patron des Républicains et qui s’en est détaché?

  • Les  ex-ministres de Sarkozy... qui s’éloignent

C’est l’une des photos du jour : François Hollande et Xavier Bertrand côte à côte à Neuville-Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais, pour l’inauguration du Monument des Fraternisations pendant la première Guerre mondiale. Le tout nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie a beaucoup fait parler de lui depuis la fin des régionales en promettant de se consacrer entièrement à sa région. Celui qui a démissionné de ses mandats de député et de maire de Saint-Quentin fuit comme la peste l’état-major parisien. Seule bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy : Xavier Bertrand a renoncé à se présenter à la primaire de la droite et du centre.

Autre ministre de Nicolas Sarkoy qui a largué les amarres : Valérie Pécresse, nouvelle patronne de l’Ile-de-France. Au soir de sa victoire, elle tenait un discours sans ambiguïté à l’égard de l’ancien chef de l’Etat. "Je serai une femme libre, je ne serai ni la femme d’un camp ni celle d’un lobby", déclarait-elle, en ayant une pensée "chaleureuse pour celui avec qui tout a commencé"... Jacques Chirac !

Il faut aussi et bien sûr ajouter le nom de Nathalie Kosciusko-Morizet. L’ancienne numéro deux du parti des Républicains s’est fait écarter du parti par Nicolas Sarkozy au lendemain des régionales. Motif : le président du parti n’a pas vraiment goûté l’opposition frontale de son ancienne ministre à sa ligne “ni retrait ni fusion” portée dans l’entre-deux-tours des régionales.

Enfin, et ce n’est pas nouveau, Bruno Le Maire, ex-ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy et futur probable candidat à la primaire, joue désormais cavalier seul et ce notamment depuis sa candidature à la présidence du parti contre l’ancien président de la République. Sa ligne de conduite : incarner le renouveau.

  • Le Sarkozyste repenti

On le pensait fidèle parmi et les fidèles et pourtant… Christian Estrosi, qui semblait si bien incarner la ligne droitière de Nicolas Sarkozy jusqu'à très peu, a opéré un virage à 180° depuis son élection à la tête de la région Paca. Conscient comme Xavier Bertrand d’avoir été élu grâce à des voix de gauche, le maire de Nice a accordé une interview détonante à Paris Match. "Nicolas Sarkozy est un ami, je le respecte. Mais contrairement à lui, je ne pense pas que nous, élus Républicains, devions tenir un discours toujours plus à droite. Plus on va à droite, plus on fait monter le FN", expliquait-il, avant d’affirmer qu’il préférait "chasser le Front national du terrain" "plutôt que de chasser sur le terrain du Front national".

  • Les anciens Premier ministres …  roulent pour eux

Il n’a jamais été un proche de Nicolas Sarkozy mais depuis les régionales son discours semble encore plus distant de la ligne prônée par l’ex-président de la République. Jean-Pierre Raffarin, pour qui "courir derrière le FN est une fuite", a ainsi prôné un rapprochement avec le gouvernement notamment en ce qui concerne la lutte contre le chômage.

Enfin, et on le sait, les deux anciens Premiers ministres que sont François Fillon et Alain Juppé roulent depuis longtemps pour eux-mêmes. Ils seront les principaux adversaires de Nicolas Sarkozy à la primaire.

  • Ceux qui restent : le noyau dur

Alors, qui reste-il ? La liste est plutôt courte si l’on regarde dans le détail du côté des poids-lourds. Citons d’abord Laurent Wauquiez, nouveau président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui vient d’être élu vice-président délégué, c’est-à-dire numéro 2 du parti, en remplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet. Le pourfendeur de l’assistanat et fervent eurospectique incarne la droite dure de Nicolas Sarkoy. Autre nom : Eric Woerth lui aussi promu dans l’organigramme. Le délégué général au projet devient secrétaire général toujours en charge du projet.

On peut aussi citer Luc Chatel, conseiller politique dans l’organigramme des Républicains, et qui a eu des mots durs à l’égard de Nathalie Kosciusko-Morizet : "pourquoi je suis ulcéré ? Parce que j’ai participé hier à un bureau politique qui a duré 1h45 de débats de grandes qualités (…) et en sortant qu’est-ce qui sort de ce bureau politique ? C’est que Madame Kosciusko-Morizet va voir tous les médias en parlant de son cas. Ces jeux personnels sont insupportables !" L’eurodéputé Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy, compte aussi toujours parmi les alliés de l’ex-président tout comme François Baroin. L’ancien ministre chiraquien soutient Nicolas Sarkozy à la primaire. "J’ai envie d’un match retour parce que ça n’a jamais été fait, parce que Nicolas Sarkozy le mérite, parce qu’il n’a pas joué à armes égales en 2012 avec François Hollande", déclarait-t-il au Figaro.

Le patron des Républicains peut enfin toujours se tourner sur ses "amis de trente ans", sur ce noyau dur d’inconditionnels. Il y a bien sûr Brice Hortefeux qui est son conseiller politique au parti. Mais il y a aussi Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, Pierre Charon, sénateur de Paris et bien sûr Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret.