Présidentielle : le people n'est plus "in"

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Présidentielle : le people n'est plus "in"
Nicolas Sarkozy, lors de sa victoire en 2007, était entouré de Faudel, Enrico Macias, Mireille Mathieu.@ Max PPP
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Crise oblige, les politiques s'affichent de façon moins ostentatoire avec les stars.

En 2007, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont massivement recruté parmi les stars et les artistes pour les accompagner dans cette course à l'Elysée. Cette élection 2012 se fera encore avec des people mais de façon beaucoup moins ostentatoire que lors de la précédente élection.

Les socialistes comptent miser sur les "paillettes" mais ne pas en abuser. Lors du premier meeting de François Hollande au Bourget fin janvier, le PS était accompagné par une star française, Yannick Noah, la personnalité préférée des Français. Dans le camp de François Hollande, c'est sa compagne, la journaliste Valérie Trierweiler qui gère la stratégie "people". Des "bruits" au PS rapportent qu'il y aura un grand rassemblement la semaine prochaine au cirque d'Hiver, avec beaucoup de grands noms : "des artistes, des intellectuels, pas des people", précise-t-on, sans donner plus de détails.

Selon l'hebdomadaire VSD, les équipes de François Hollande seraient également à pied d'œuvre pour convaincre la nouvelle icône du cinéma français, Jean Dujardin, d'accepter une rencontre avec le favori des sondages.

"Les valeurs de gauche ne sont pas bien défendues"

Dans le camp du président-candidat, il sera difficile de rééditer la "performance" de 2007. Après sa victoire, Nicolas Sarkozy s'était entouré de personnalités au Fouquet's mais aussi place de la Concorde : Christian Clavier, Jean Reno ou encore Mireille Mathieu. Pour cette élection, Enrico Macias a réaffirmé son soutien à Nicolas Sarkozy. "Je me sens toujours de gauche mais je trouve que les valeurs de gauche ne sont pas bien défendues. Avec Sarkozy, je soutiens un homme capable de résoudre les problèmes de la France", affirme-t-il sur Europe 1. 

A part le chanteur Didier Barbelivien, l'ami de longue date du président, aucune star n'est officiellement prévue pour son meeting de Villepinte, dimanche. Mais selon des informations du Figaro, Gérard Depardieu pourrait être présent au grand meeting. En décembre, l'acteur avait fait connaître sa préférence pour le président, rappelle le journal. Invitée d'Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet a cependant refusé de confirmer l'information, se contentant de répondre : "surprise !". 

"L'Arabe de service"

Entre 2007 et 2012, Nicolas Sarkozy a dû en tout cas faire une croix sur la "photo souvenir" de la place de la Concorde. Faudel, qui avait chanté le soir de la victoire, a été vivement critiqué par sa communauté et une partie de son public lui a tourné le dos. Aujourd'hui, il regrette d'avoir été, "l'Arabe de service", dit-il. Doc Gynéco, qui s'était également positionné en faveur du chef de l'Etat, a lui aussi disparu des médias.

Durant le quinquennat Sarkozy, l'humoriste Jean-Marie Bigard a également payé son soutien au président de la République. "J'ai bien compris qu'il ne fallait pas toucher à ça. Moi je suis un artiste populaire", explique-t-il sur Europe 1.

"Ce qu'on aime bien chez moi, c'est ma liberté" :

Désormais, l'humoriste français ne prendra plus part à des meetings politiques aux côtés du président car cela lui a porté préjudice. "Des municipalités de gauche disaient qu'elles ne voulaient pas de Bigard. C'est ridicule", déplore-t-il.

"Si c'était François Hollande, le prochain président, je serais libéré d'un grand poids. On te laisse tranquille, on te sourit. On te dit : t'es un pauvre gars. T'es un pauvre méchant de droite mais heureusement, t'as perdu et là tout d'un coup, on a de la compassion pour le mec qui a voté Sarkozy", conclut Jean-Marie Bigard.

"Ce qui fait rêver les Français c'est d'avoir un boulot"

Cette présence des stars dans le camp Sarkozy ne semble plus être un leitmotiv de son équipe de campagne. En 2012, le président-candidat préfère s'organiser des déjeuners ou des dîners avec des intellectuels ou, comme le mois dernier, avec les académiciens. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on ironise sur le recrutement people de François Hollande : "il refait la campagne de 2007... Dommage, on est en 2012".

Cette année, le people n'est plus tendance, sans doute à cause de la crise. "A l'époque de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, c'était elle la people et c'était lui le people. Ils avaient autour d'eux des gens qui leur ressemblaient. Or, aujourd'hui, après la crise, on n'est plus dans ce côté bling-bling. Les politiques ont compris que les Français ne s'identifiaient plus aux people. Ils ne font pas rêver. Aujourd'hui, ce qui fait rêver les Français, c'est d'avoir un boulot", analyse pour Europe 1, le journaliste Yves Azeroual, auteur du livre People politicus.

Sans compter que les people n'assurent pas forcément d'une victoire électorale. Pour preuve ce sondage du magazine VSD : 1% des personnes interrogées avouent que leur vote est influencé par le soutien d'un artiste à un candidat.