Législatives 2017 : voici les six enjeux à surveiller dimanche

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Législatives 2017 : voici les six enjeux à surveiller dimanche
Avec les législatives se jouent l'obtention d'une majorité pour Macron, mais aussi la survie de plusieurs partis politiques.@ BERTRAND GUAY / AFP
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Emmanuel Macron va-t-il avoir une majorité à l'Assemblée ? Les ministres garderont-ils leur poste ? Les autres partis vont-ils survivre ?

Si les élections législatives ont tendance à être éclipsées par la présidentielle, elles n'en restent pas moins cruciales politiquement. Au-delà des équilibres politiques locaux, Europe 1 vous liste les enjeux du scrutin.

1. Une majorité pour Macron

Le premier d'entre eux sera évidemment de déterminer si le président Macron aura une majorité ou non à l'Assemblée. Sans cela, il lui sera très difficile de mettre en œuvre ses réformes. Et procéder via des ordonnances ne change rien : il doit avoir l'Assemblée nationale avec lui.

Les derniers sondages semblent indiquer que non seulement Emmanuel Macron aura une majorité, mais qu'elle sera (très) confortable. Entre 350 et 415 sièges, alors que la majorité absolue se situe à 289. Mais comme nous vous l'expliquions ici, une majorité écrasante peut parfois donner du fil à retordre au gouvernement.

2. Le sort des ministres

Emmanuel Macron a été très clair là-dessus : tous les membres du gouvernement qui se présentent aux législatives et sont battus devront démissionner. C'est le cas de six d'entre eux : Christophe Castaner, Richard Ferrand, Mounir Mahjoubi, Marielle de Sarnez, Annick Girardin et Bruno Le Maire. Les législatives permettront donc de savoir si un remaniement sera nécessaire ou non.

3. La confirmation du "dégagisme"

Le "dégagisme", phénomène qui consiste à observer un vote massif contre les partis et les personnalités en place depuis longtemps au pouvoir, avait déjà conduit à l'élimination des favoris des primaires de droite et de gauche, puis au rejet du PS et de LR à la présidentielle. Pour les législatives, la tendance semble être la même. De nombreux poids lourds sont donnés en ballotage défavorable dans leur circonscription, que ce soit Patrick Mennucci à Marseille, Marisol Touraine en Indre-et-Loire ou Nicolas Dupont-Aignan dans l'Essonne. Les résultats du scrutin permettront de confirmer ou d'infirmer la volonté des électeurs de voir arriver de nouvelles têtes.

4. La survie du PS

Les temps sont durs au PS. Les 6,3% de Benoît Hamon à la présidentielle, pire score de la gauche depuis 1969, ont porté un coup qui pourrait bien être fatal aux socialistes, déjà très divisés après le quinquennat de François Hollande, puis la primaire de janvier. Une nouvelle défaite cuisante aux législatives risque d'achever le parti de Jean-Christophe Cambadélis.

5. L'avenir du FN…

A priori, le Front national peut entamer ces législatives confiant. Sa candidate, Marine Le Pen, s'est hissée sans mal au second tour de l'élection présidentielle. Ne reste donc plus qu'à transformer l'essai au niveau local. Mais en réalité, le parti frontiste est miné par les divisions internes depuis l'élimination de sa présidente face à Emmanuel Macron. Le retrait de la vie politique de Marion Maréchal-Le Pen, les nombreuses dissensions autour de Florian Philippot, ou encore les accusations de racisme à l'encontre de certains candidats rendent la campagne très compliquée.

Pour le Front national qui, il y a quelques mois, rêvait de plusieurs dizaines d'élus, l'enjeu sera donc de réussir à former un groupe parlementaire en envoyait au moins quinze députés à l'Assemblée.

6 …et de la France Insoumise

Pour la France Insoumise, la problématique est quasiment la même que pour le Front national. Après un très bon score à la présidentielle (19,6% des suffrages pour Jean-Luc Mélenchon), le mouvement, qui se targue d'être la première opposition de gauche alors que le Parti socialiste est en crise, doit continuer sur sa lancée. Mais là encore, cela s'annonce difficile. Si le leader a de bonnes raisons d'espérer la victoire pour lui-même, la situation est plus compliquée pour ses lieutenants. Leur campagne pâtit du mécanisme classique des législatives, qui donnent une prime au parti vainqueur à la présidentielle et rendent les autres inaudibles, ainsi que des nombreuses polémiques autour de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon.