Mélenchon cible des autres candidats : "On se demande s’il n’y a pas une volonté de nous aider"

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Pour Manuel Bompard, le directeur de campagne du candidat de la France insoumise, les attaques dont son poulain est la cible peuvent être contre-productives et aider son électorat à se mobiliser.

INTERVIEW

Il est devenu la cible à abattre. La dynamique de Jean-Luc Mélenchon dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle inquiète ses adversaires. Le leader de la France insoumise est devenu l’objet de nombreuses attaques, de la part de François Fillon et d’Emmanuel Macron principalement, le second fustigeant la volonté d’adhésion du candidat à l’Alliance bolivarienne, initiée par Hugo Chavez et Fidel Castro.

Un possible effet positif. "On se demande s’il n’y a pas une volonté de nous aider", a relevé vendredi Manuel Bompard, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, invité de la matinale d'Europe 1. "Je me rappelle de 2005, de la bataille sur le traité constitutionnel européen, on avait eu le droit à ce type de caricatures, et finalement ça avait renforcé le camp de ceux qui étaient opposés à la constitution", relève ce proche de Jean-Luc Mélenchon. "Les Français sont assez intelligents pour aller au-delà de la caricature et vraiment se prononcer sur le fond des propositions", estime encore le responsable de campagne.

Les programmes de Macron et Fillon. Une violence dans les attaques que l’on retrouve aussi dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon qui a averti à Lille mercredi, à propos de François Fillon, d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen : "Si vous élisez ces trois là, vous allez cracher du sang". "Clairement, pour nous, les propositions de monsieur Macron et de monsieur Fillon vont beaucoup faire souffrir les gens", justifie Manuel Bompard. "On est dans les derniers jours de campagne, il faut que les Français fassent le choix entre différents projets politiques".

L'Alliance bolivarienne. Concernant l’Alliance bolivarienne, Manuel Bompard rappelle que "la France est présente en Amérique du sud". "La plus grande frontière terrestre de la France, aujourd’hui, c’est avec le Brésil. On nous a beaucoup caricaturé sur ce sujet, mais la France participe déjà d’un accord économique qui est l’accord des Etats des Caraïbes, avec Cuba et le Vénézuéla. Ce que l’on propose ne me paraît pas extraordinaire, c’est normal que les départements d’outre-mer soit intégrés dans des accords de coopération dans les environnements géographiques immédiats", développe-t-il.

"Marine Le Pen porte un projet politique qui existe dans la société". Alors que Marine Le Pen, annoncée au second tour dans toutes les enquêtes d'opinion, est l'une des cibles récurrentes de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard a également estimé que sa candidature restait "légitime". "Elle est légitime, elle porte un projet politique qui existe dans la société. Ça n’est pas le mien, mais ce projet existe, et en tous cas je le combats politiquement".