Les Français passionnés par la politique, pas par les politiques

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En dépit des affaires qui bousculent certains candidats, la politique continue d'attirer les foules, à deux mois et demi du premier tour de l'élection présidentielle.

L'ÉDITO POLITIQUE

Tout le week-end, les différents meetings des candidats à la présidentielle ont fait le plein : entre 8.000 et 10 000 personnes étaient présentes pour Emmanuel Macron samedi à Lyon, plus de 5.000 pour Marine Le Pen dimanche, toujours dans la capitale des Gaules. Mais le succès de cette fin de semaine très politique réside surtout dans la prouesse technique de Jean-Luc Mélenchon : un double meeting à Lyon et à Paris, rendu possible grâce à un hologramme. Au total, le candidat de la France Insoumise a réuni autour de 15.000 personnes, auxquelles s'ajoutent plus de 500.000 vues sur YouTube.

Un véritable souffle démocratique. À chaque meeting, on s’étonne de voir les mêmes images de file d’attente devant les salles. Deux mois et demi avant le premier tour de l'élection présidentielle, il y a un véritable souffle, une appétence des citoyens pour la présidentielle. C'est enthousiasmant pour la démocratie.

Méfiance envers les responsables politiques. Mais les fans d'aujourd'hui ne seront pas automatiquement les électeurs du mois d'avril. Il faut se rappeler de la campagne de Nicolas Sarkozy lors de la primaire de la droite, qui déplaçait les foules tel une rockstar. Pour autant, cet engouement ne s’est pas traduit en vote massif dans les urnes. Mais au-delà de ce simple constat, il y a un grand paradoxe qui incite à la plus grande prudence : les Français aiment la politique mais n’aiment pas les hommes politiques. Une récente étude du Cevipof montrait par exemple que les trois quarts des Français jugent les politiques corrompus. S'intéresser à la politique revient peut-être à se méfier de ceux qui en font leur métier.

Des primaires désormais incontournables. Les Français veulent avant tout être davantage associés aux choix politiques et à la gouvernance du pays. Tous les candidats ont parfaitement intégré ce constat, à des degrés divers. D’abord, les primaires se sont généralisées dans la vie politique française. Avec elles, les partis sont moins refermés sur les élus. Dans tous les programmes, celui de Jean-Luc Mélenchon en tête, figurent des mesures sur la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat. Emmanuel Macron exhume quant à lui la démocratie participative.

Référendum et 49-3 citoyen. Cette tendance n’est pas réservée aux anti-système : Marine Le Pen et François Fillon veulent réhabiliter le référendum. Benoît Hamon, lui, propose un 49-3 citoyen qui permettrait de suspendre l’application d’une loi. S'agit-il d'un gadget ? Est-ce que celui ou celle qui sera élu s’y tiendra ? En tout cas, l'élection présidentielle se jouera en partie sur la question d’une relégitimation des politiques par le peuple.